Plateformes d'échanges

Binance suspend temporairement les virements SEPA en euros

07 Juil 2021 - 08:50

L’échange crypto, ciblé par un tir de feu groupé de la part des régulateurs, a annoncé par mail à certains de ses clients européens l’interruption provisoire de dépôt en euros via SEPA en raison « d’événements indépendants de sa volonté ».

Suspension soudaine des virements SEPA

A partir d’aujourd’hui 7 juillet, les utilisateurs européens de Binance ne pourront plus effectuer de dépôt en euros via le réseau SEPA, un système conçu pour simplifier les virements bancaires entre les 27 pays membres de l’Union Européenne.

« En raison d’événements indépendants de notre volonté, nous suspendons temporairement les dépôts en euros via les virements bancaires SEPA à partir de 8h00 UTC le 7 juillet 2021. »

E-mail de Binance

En revanche, la possibilité de retirer des euros de l’exchange via le réseau de paiement européen reste possible et les clients peuvent toujours approvisionner leurs comptes avec des cartes de crédit et de débit. Pour ce qui concerne les transactions en attente, elles seront retournées à leurs émetteurs dans un délai de 7 jours ouvrables.

Binance n’a pas précisé l’origine de sa décision mais elle est certainement la conséquence des assauts réglementaires auxquels l’entreprise de Changpeng Zhao (CZ) doit faire face.

Les foudres des régulateurs s’abattent sur Binance

Etre le leader dans un domaine qui subit régulièrement les foudres des instances de régulation n’est vraisemblablement pas chose aisée. Et le développement tentaculaire de Binance aussi bien dans le domaine de la DeFi, des produits dérivés et autres jetons NFT, sans se préoccuper outre-mesure de bénéficier d’autorisations légales, est en train de se retourner contre lui. De fait, de plus en plus de régulateurs l’ont dans leur viseur. La très pointilleuse Financial Conduct Authority (FCA) du Royaume-Uni qui a déjà poussé la plateforme à refuser aux utilisateurs britanniques la possibilité de recourir au système natif Faster Payments pour retirer des livres sterling de l’échange, a été dans les plus offensives.

Mais ailleurs aussi, le climat se tend. Dernièrement, c’est l’Autorité monétaire des îles Caïmans qui s’est élevée contre le fait que l’échange exerçait illégalement sur son territoire. La société mère doit également faire face à plusieurs enquêtes simultanées aux États-Unis mais également en Thaïlande. Au Japon, l’Agence des services financiers locale a récemment indiqué que Binance offrait des services liés aux cryptomonnaies sans bénéficier de l’inscription nécessaire pour le faire. A Singapour une procédure d’examen est en cours. Dans la province canadienne de l’Ontario, les choses se corsent aussi tant et si bien que Binance plie armes et bagages, obligeant les utilisateurs locaux à clôturer leurs comptes d’ici la fin de cette année.

La situation deviendrait-elle périlleuse pour Binance qui affirme « travailler dur pour trouver une solution »?

L’un des points d’achoppement central est la domiciliation inconnue de l’échange. Si à cette question légitime, CZ répond par une pirouette : « où que je m’assoie, ce sera le bureau de Binance », ce n’est pas du goût des régulateurs qui ont besoin d’une donnée administrative définie pour exercer leur contrôle. Sans siège social officiel, la société se met déjà en quelque sorte hors la loi et avec cette suspension des virements SEPA de plus en plus hors du système bancaire conventionnel, amorcé il est vrai par l’un de ses acteurs. Barclays, la banque londonienne, a lancé les hostilités en interdisant à ses clients britanniques, pas plus tard que la semaine dernière, d’acheter des cryptomonnaies sur Binance via leurs cartes bancaires. 

Si la situation semble à première vue préoccupante, il ne s’agit pas de s’en alarmer plus que de raison. L’offensive des régulateurs était attendue et Binance l’avait d’ailleurs anticipée en intégrant d’ex-agents du GAFI à son équipe de stratégie réglementaire. On surveillera de près les développements de l’histoire.

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