Les cryptomonnaies sont-elles une menace pour la sécurité intérieure américaine ?

Dans une étude très complète, publiée sur le site officiel de la National Law Review américaine, la question des monnaies numériques est longuement décortiquée. Une analyse en profondeur, dont le but est de mesurer les risques sur la sécurité intérieure du pays, liés au développement de la technologie blockchain et à l’utilisation des cryptomonnaies. Et même si le Bitcoin y figure en bonne place, d’autres jetons semblent préoccuper plus sérieusement cette entité juridique. Petit tour du côté obscur de la force…

La National Law Review est une structure composée d’avocats. Son but est de “créer une ressource facile à utiliser permettant de saisir les tendances et les actualités juridiques dès leur apparition”. Il s’agit d’un site web d’actualité, mais aussi d’une base de données de contenus d’analyses juridiques à la pointe dans le domaine des avancées légales et des questionnements en rapport à la loi et à la sécurité américaine. C’est dans ce cadre que la question des cryptomonnaies a récemment été abordée pour en définir les risques.

“Comme toutes les nouvelles technologies, toute forme de mise en œuvre présente de nombreux avantages et risques. Pour explorer ces possibilités, le document évaluera ensuite les conséquences sur la sécurité nationale des cryptomonnaies à usage répandu.”

Blockchain Bitcoin BTC

La blockchain, inutile mais problématique

Le point d’entrée de cette étude est à charge. Il est plus question de trouver les problèmes liés à la blockchain, que les solutions qu’elle apporte. Dans les premiers liens cités de ce texte très documenté, cette technologie est qualifiée “d’inutile et sans aucune application pratique.” Une affirmation tirée d’un article du site Bloomberg, publié en mars 2018. Celui-ci s’intitule “Bitcoin est ridicule et la blockchain est dangereuse.” Le ton est donné !

“La Blockchain n’est pas une technologie entièrement nouvelle, mais une nouvelle application de plusieurs technologies existantes.”

Cette technologie inutile est pourtant décortiquée ensuite dans plusieurs paragraphes qui tentent d’en définir la nature et les applications possibles. Le type de blockchain mis en avant est son application public, comme pour le Bitcoin. C’est-à-dire avec une intervention possible des utilisateurs et un accès aux données de transactions. Y sont abordés des points comme le cryptage, le hachage et la logique de décentralisation.

Ce document affirme également que des recherches financées par les États-Unis sont effectuées par des organismes gouvernementaux dans le domaine. Il est question de tester ses applications possibles et de ne pas passer à côté de l’Internet de demain.

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Cryptomonnaies et criminalité

La question de l’utilisation des monnaies numériques, dans le carde d’activités criminelles ou terroristes, est bien évidemment abordée dans ce document. Et même si le Bitcoin est cité en premier, du fait de son utilisation historique, d’autres jetons posent bien plus de problèmes. Il s’agit en particulier du célèbre Monero (XMR), mais aussi du Zcash (ZEC). La spécificité de ces cryptomonnaies est leur volonté affichée d’offrir un anonymat à leurs utilisateurs.

“Les États-Unis ont reconnu qu’il était nécessaire de s’attaquer aux conséquences des cryptomonnaies sur la sécurité nationale.”

Selon cette étude, cette utilisation des cryptodevises dans l’univers de la criminalité ne fera que croître dans l’avenir. Raison pour laquelle ces juristes alertent sur une nécessité de mettre en place une réglementation précise à leur encontre, tout en accompagnant un développement qui semble devenu inévitable.

L’anonymat en question

La principale question posée par cette étude est l’anonymat, qu’il soit réel ou fictif, ou même lié aux opérations financières réalisées avec des cryptomonnaies. Une problématique récurrente qui revient dans la bouche de tous les dirigeants de ce monde. Une réalité qui inscrit les monnaies numériques au coeur de l’économie parallèle et/ou criminelle. Cependant, ce même document affirme que “l’utilisation de cryptomonnaies par les terroristes est aujourd’hui limitée, car bon nombre des jetons existants ne fournissent actuellement qu’un anonymat limité.”

L’anonymat lié aux transactions en Bitcoins est analysé. Et il semble que la position de la reine des monnaies numériques ne soit pas la meilleure dans le domaine. Car même si le BTC permet de ne pas avoir à donner son identité réelle, la grande traçabilité de ses opérations le rend complètement “transparent”, selon le site officiel Bitcoin.org.

Enfin, l’étude affirme que l’anonymat dans l’univers des monnaies numériques et de la blockchain est un leurre et ne peut pas réellement exister. L’universitaires Paul Ohm a nommé cette volonté, présentée comme vaine, “la solide hypothèse d’anonymisation.” Cette affirmation repose sur l’idée que “des données peuvent être soit utiles, soit parfaitement anonymes, mais jamais les deux.”

Une affirmation qui avait peut-être du sens en 2009, date de la parution de l’article de Paul Ohm. Mais rien n’est moins sur actuellement, compte tenu des avancées réalisées dans le domaine. Et si cette possibilité de supprimer l’anonymat dans le domaine était connue depuis au moins 10 ans, alors pourquoi s’en inquiéter autant aujourd’hui encore ?

Contrôler tout en laissant se développer

La conclusion de cette étude prône l’ouverture, mais tout en gardant un certain contrôle. Le développement exponentiel des monnaies numériques ne laisse pas de place à une interdiction pure et simple. Le pouvoir en place sait très bien qu’un potentiel énorme se cache dans cet univers en plein essor. Et qu’il y a de l’argent à la clef !

C’est donc du bout des lèvres que ces experts exposent un point de vue mitigé. Selon eux, ces technologies continueront à innover, quoi qu’il arrive. Il faut juste que cela ne se fasse pas dans un cadre jugé “néfaste.” La question est de savoir si une offre “contrôlée” de la blockchain et des cryptomonnaies n’entre pas dans cette catégorie !

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