Cuba : l’option crypto à l’ordre du jour

 Cuba : l’option crypto à l’ordre du jour

La république de Cuba, Etat insulaire des Caraïbes, en proie à des difficultés économiques insurmontables, semble vouloir intégrer l’option crypto à son futur monétaire. Le gouvernement vient d’annoncer qu’il autorisera et réglementera les paiements en bitcoin et en « certains » altcoins.

Une situation d’urgence

Cuba connaît depuis les années 60 une situation économique difficile liée à des blocages structurels internes et à l’embargo américain, renforcé sous l’administration Trump et pas encore assoupli par Biden. La pandémie du Covid-19 est venue parachever le désastre. En effet, les mesures sanitaires prises par les autorités cubaines (fermeture des frontières, restrictions des importations, restrictions énergétiques…) ont paralysé une économie déjà exsangue. La crise a asséché davantage encore les principales rentrées de devises de Cuba : secteur touristique à l’arrêt et chute attendue des transferts financiers de la diaspora cubaine (-30% selon the Havana Consulting Group en 2020).

Face à une situation dégradée engendrant crise de liquidité et pénurie croissante de produits de première nécessité, la population a non seulement exprimé son désarroi en manifestant – grande première réprimée – au cri de « Nous avons faim! » et « A bas la dictature !», mais en se tournant aussi de plus en plus vers les cryptomonnaies. Le bitcoin bien sûr, mais également l’USDT (Tether), qui remplace avantageusement le dollar américain banni de l’île, pour les envois de fonds en provenance des Etats-Unis.

C’est donc au nom d’un certain pragmatisme que les autorités en place amorcent un changement de cap.

A Cuba, l’option crypto à l’ordre du jour

La résolution 215 a été publiée au Journal officiel local. Elle stipule que les Cubains pourront utiliser des cryptomonnaies pour réaliser des paiements à partir du 15 septembre prochain. Elle indique également que la Banco Central de Cuba oeuvre à une licence d’autorisation pour les sociétés proposant l’achat et le stockage des actifs numériques. Une régulation en bonne et due forme est aussi en préparation mais sans plus de précision.

Cette initiative est prise pour des « raisons d’intérêt socio-économique ». Dixit la publication officielle qui rappelle par ailleurs, que les cryptos sont risquées et qu’elles évoluent en marge du système financier.

De fait, si le gouvernement de Miguel Díaz-Canel envisage l’option crypto, ce n’est pas à la manière du président Nayib Bukele au Salvador qui consacrera dans un peu plus d’une semaine le bitcoin comme monnaie légale.

L’approche cubaine est a priori plus conservatrice et moins audacieuse. Il s’agit pour le moment uniquement d’une reconnaissance légale de « certaines » cryptomonnaies comme moyen de paiement. Et non de reconnaître bitcoin comme monnaie officielle. Attendons cependant de voir ce qu’il en retournera du projet de régulation en préparation.

Après l’Argentine, le Paraguay, l’Uruguay, le Panama, cette région du monde, en proie à une inflation galopante, est la première à envisager sérieusement l’adoption des cryptos comme une solution viable, portée souvent par une population à bout de souffle, mais pas de ressources, qui montre la voie à ses dirigeants.

Nathalie E.

Littéraire open source. Mon credo : contribuer à populariser le monde des cryptos et à encourager sa mixité.

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