Des Anglais et des cryptos

 Des Anglais et des cryptos

Une note de recherche du régulateur financier britannique, la Financial Conduct Authority (FSA), dresse le profil de nos voisins britanniques détenteurs de cryptomonnaies.

Un profil d’investisseur pas forcément convenu

La FSA opère sur le territoire britannique depuis 2013 et vient de publier un rapport « Cryptoasset consumer research 2020 » donnant un aperçu assez précis du profil des acheteurs de cryptomonnaies au Royaume-Uni. Les observations établies à partir d’un panel d’environ 3500 personnes, oscillent entre constats attendus et faits plus surprenants.

Premier chiffre à retenir: moins de 4% de la population possèderait des cryptomonnaies. Plus précisément, 2,6 millions de résidents britanniques ont déjà acheté des actifs numériques mais seulement 1,9 million les détiendrait toujours.

« Nous estimons que 3,86% de la population générale possède actuellement des crypto-monnaies. Cela représente environ 1,9 million d’adultes, la population britannique (plus de 18 ans) étant estimée à environ 50 millions » 

 

Sans grande surprise, la pratique reste majoritairement masculine, à 79%. Un pourcentage certes honorable mais pas écrasant. En effet, on peut considérer qu’avec un taux de 21%, les femmes commencent à s’emparer du sujet. C’est un signe plutôt positif pour l’avenir des cryptos tant on sait que c’est par elles, qui prennent encore largement en charge le quotidien, que les pratiques s’imposent dans l’usage commun.

Autre enseignement, allant un peu à l’encontre du jeunisme en vogue parfois dans le milieu, la maturité des acheteurs de Bitcoin. Le pouvoir d’achat y est sans doute pour quelque chose mais le fait est, 69% d’entre eux ont plus de 35 ans. Et si on s’attarde davantage sur la pyramides des âges, on observe un bond notable chez les plus de 55 ans : 22% aujourd’hui contre 7% en 2019 tandis que la part des plus jeunes s’amenuise.

Si on entre plus dans le détail lié aux motivations de l’impulsion d’achat, la spéculation arrive en tête reléguant l’épargne à un plan secondaire. Quant aux convictions idéologiques , elles ne concernent qu’un petit 17%.

Le battage médiatique, clé de la notoriété

Comment se diffuse la cryptomonnaie auprès du grand public est un des aspects les plus intéressants de l’étude de la FSA.

Les médias traditionnels restent avec les sites en ligne la première source d’information, suivis de peu par les médias sociaux. Les publicités sur Internet contribuent également à la notoriété des cryptomonnaies. Seul bémol précisé par le rapport, c’est que les personnes persuadées par les annonceurs d’acheter des cryptos finissent souvent par regretter leur décision.

Dans cette accession à la notoriété, le Bitcoin est le gagnant incontestable avec 78%. Mais le battage médiatique provoqué par le projet de Facebook place Libra en deuxième position avec un score de 22%. Pas mal pour un actif qui n’existe pas encore. Il devance de fait des cryptomonnaies plus installées dans l’écosystème comme Bitcoin Cash (20%), Ether (17%) ou Litecoin (12%).

Un investissement modéré pas protégé

Des cryptos oui, mais modérément. Les trois quarts des détenteurs britanniques détiennent moins de 1000 £ (1102 €) d’actifs numériques. La moyenne tombe même à 260 £ (286 €). Pas beaucoup de flambeurs outre-manche, ce qui expliquerait le fait que la plupart d’entre eux ne cherchent pas à protéger leurs avoirs. Plutôt que d’adopter un portefeuille de stockage à froid, ils laissent leurs cryptos sur les plateformes sur lesquelles ils les ont acquises.

Les bourses d’échange étant le moyen privilégié par les résidents britanniques pour effectuer leurs achats. Négligeant les plateformes nationales, leur choix se tourne vers Coinbase suivi loin derrière de Binance et de Kraken.

L’éducation aux cryptos progresse

On retiendra enfin que les cryptomonnaies se popularisent à belle allure. En effet, si en 2019, 59% des personnes interrogées déclaraient ne pas connaître Bitcoin et consorts, en 2020, elles ne sont plus que 27%. Autrement dit, le pourcentage de répondants connaissant les cryptomonnaies est passé de 42% à 73% en peu de temps.

Mieux encore, le savoir progresse. 90% des détenteurs de cryptomonnaies déclarant se livrer à des recherches sur les fondamentaux. Ainsi, 92% d’entre eux peuvent aujourd’hui identifier correctement la définition d’un actif numérique. De même se disent-ils avertis de leur extrême volatilité et des questions posées par l’absence de régulation.

Dernier aspect auquel l’autorité de régulation aura été certainement sensible. Elle qui a demandé à toutes les entreprises crypto du Royaume-Uni de s’enregistrer avant le 30 juin pour répondre aux recommandations du groupe d’action financière (GAFI).

 

Nathalie E.

Nathalie E.

Littéraire open source. Mon credo : contribuer à populariser le monde des cryptos et à encourager sa mixité.

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