La censure gagne le mining

 La censure gagne le mining

La plateforme d’analyse Blockchain BlockSeer a lancé la version bêta privée d’un nouveau pool minier Bitcoin – Blockseer Mining Pool – qui n’acceptera que les transactions « propres ». Une initiative inquiétante qui risque de faire des émules.

Un pool de minage prêt à censurer des transactions BTC

Selon un communiqué publié par la DMG, la société mère du Blockseer mining, le pool va utiliser des données d’étiquetage pour identifier les transactions qu’il ne souhaite pas traiter. En d’autres termes, il va s’arroger le droit de séparer le bon grain de l’ivraie pour séduire le régulateur.

Les blocs publiés sur la blockchain Bitcoin par le pool de Blockseer ne contiendront que des transactions filtrées utilisant les données d’étiquetage de Blockseer et Walletscore, ainsi que des sources vérifiées telles que la liste noire OFAC des États-Unis pour la cryptographie.

Une façon d’anticiper une pression réglementaire de plus en plus présente d’autant que les mineurs devront aussi se soumettre aux procédures de KYC (Know Your Customer). Mais loin de reconnaître son opportunisme, la société se vante que les mesures qu’elle adopte sont une avancée qui favorisera une adoption mainstream.

Le pool se concentre sur le fait d’être dépourvu de transactions provenant de portefeuilles malveillants connus qui utilisent ce moyen de manière à continuer de ternir la réputation des crypto-monnaies, en particulier Bitcoin, dans le grand public et à empêcher une adoption généralisée.»

Sheldon Bennett, directeur d’exploitation de DMG

Une pente dangereuse

Le risque est bien sûr de donner des idées aux instances régulatrices qui pourraient à l’avenir l’envisager comme une norme à appliquer à tous les pools miniers. C’est donc tout logiquement que la nouvelle a soulevé un tollé dans la cryptosphère. Ricardo Spagni, développeur majeur de Monero (XMR), s’en est alarmé.

Ce n’est qu’une question de temps avant que tous les pools de mining de Bitcoin ne soient forcés de filtrer les transactions. »

A juste titre, car si les autorités s’en mêlent, il pourrait s’ensuivre une cascade d’interdictions comme l’observe Juraj Bednar, le cofondateur de Hacktrophy. Ainsi, les gouvernements pourraient demander aux pools de mining de ne pas valider certaines transactions au risque de perdre leur compte bancaire, leur licence d’entreprise et de se voir menacer de poursuites au pénal.

Si les gouvernements ou les organisations anti-blanchiment d’argent veulent censurer Bitcoin, c’est réellement la première étape. »

La perspective s’assombrit d’autant que les pools de mining, par nature centralisés, sont de fait plus facilement censurables. De plus, les mineurs soucieux de rentabilité, ont tendance à se tourner vers les solutions les plus fructueuses. La question alors est de savoir s’ils seront prêts à perdre en revenus pour préserver la résistance à la censure de Bitcoin.

La piste à envisager pour contrer cette tendance désastreuse serait pour Spagni d’oeuvrer sur deux plans conjoints. A savoir, que les développeurs Bitcoin mettent en œuvre de nouvelles fonctionnalités de confidentialité et que les mineurs adoptent des pools de minage décentralisés pour garder le réseau autonome. On en est loin.

Nathalie E.

Nathalie E.

Littéraire open source. Mon credo : contribuer à populariser le monde des cryptos et à encourager sa mixité.

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