Le minage miné par le coronavirus

Pour endiguer la propagation du virus qui à ce jour, a fait 638 victimes et plus de 30 000 personnes contaminées, le gouvernement chinois a pris des mesures drastiques. Outre le confinement de  plusieurs dizaines de millions de citoyens, il continue de fermer de nombreuses usines. 

Ferme de minage à l’arrêt

Le fondateur de BTC.Top, une coopérative minière, a annoncé  la fermeture d’une de ses usines en publiant une vidéo sur le réseau social Weibo. Réseau sur lequel les Chinois sont de plus en plus nombreux à laisser exploser leur colère ou leur désespoir  face à la progression du coronavirus. On y voit brièvement une opération de police, vraisemblablement menée par surprise,  se dérouler devant des employés saisis de froid.

Jiang Zhuoer a fait part de son incompréhension.

“J’ai une mine dans une banlieue isolée. La police est venue et a forcé toutes les fermes de minage à fermer. Il est compréhensible de faire un rappel régulier… et d’interdire strictement les sorties. Mais le personnel d’entretien vit dans la mine depuis la Fête du Printemps. Il n’y a pas eu de nouveaux arrivants. Quel est l’intérêt d’arrêter les machines de minage pour prévenir l’épidémie ?“

Son inquiétude portant surtout sur le fait que la police puisse fermer ses autres locaux.

«Si nous continuons comme ça, la plupart des gens (en particulier les travailleurs en première ligne) devront mourir de pauvreté sans souffrir du virus.»

Une politique sanitaire qui se renforce

L’intérêt évident aux yeux des autorités chinoises est bien sûr de faire cesser l’activité pour contraindre le personnel à rester chez lui. Son objectif étant d’éviter tout regroupement humain. Ce qui pose question en revanche, c’est que la ferme visée serait située dans la région autonome du Xinjiang. Sinistrement connue pour ses camps de “rééducation” des minorités ouïghoures en Chine, elle est située loin de l’épicentre de l’épidémie. Choisie par des pools de mining parce que le coût de l’électricité y est faible à cause de la présence de nombreux barrages hydroélectriques, la région semble pour le moment plus épargnée que d’autres par le fléau.

Mais les autorités chinoises ont vraisemblablement décidé de durcir leur politique sanitaire, non seulement pour tenter d’endiguer l’expansion du virus mais aussi le flot de critiques qui ne cesse d’enfler. Sans s’en prendre directement au Parti, de plus en plus d’internautes critiquent le gouvernement central. Et la mort de l’un des huit médecins de Wuhan arrêtés par la police le 1er janvier pour avoir eu raison « trop tôt » sur la dangerosité du nouveau virus risque de mettre le feu aux poudres.

On ignore quelles conséquences aura la fermeture des fermes de minage en Chine qui représentent à elle seule 65% du hashrate mondial. Mais ce que l’on  sait en revanche, c’est que la difficulté , dans cet univers-là, s’ajuste toujours aux circonstances.

 

 

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