Cryptomonnaies

Singapour veut limiter l’accès des particuliers aux cryptos

27 Oct 2022 - 17:43

L’Autorité monétaire de Singapour (MAS) propose d’interdire aux investisseurs de détail d’utiliser des cartes de crédit ou d’autres facilités d’emprunt pour acheter des cryptomonnaies.  Une mesure envisagée au nom de la protection des consommateurs, et qui sera discutée avec les acteurs de l’industrie avant une éventuelle adoption.

Singapour resserre encore l’étau autour des crypto-investisseurs

Voilà un moment que Singapour n’est plus un havre crypto. Bénéficiant d’une infrastructure de marchés financiers robuste et bien réglementée, la cité-Etat avait su créer un cadre rassurant. Le deal : offrir au secteur les mêmes avantages que ceux alloués à la finance traditionnelle, tout en les ajustant à sa singularité. Mais depuis, le MAS a resserré son étau. Et de tous les côtés, prenant à la fois pour cible les acteurs de l’industrie et les petits investisseurs qui pourraient bientôt peiner pour réaliser des achats crypto par carte de crédit.

Régulation

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La proposition de limiter l’accès grand public au trading de crypto n’est pas une surprise. L’idée est dans les cartons depuis déjà un moment, et pas seulement à Singapour. De fait, le redoutable gendarme boursier local ne prend personne par surprise. Rappelons en effet que dès le début de cette année, il avait clairement manifesté son intention en publiant un Guidelines to Discourage Cryptocurrency Trading by General Public.

Des mesures discriminantes pour protéger l’utilisateur

Aussi, il était attendu qu’une mesure orientée en ce sens fasse partie du nouveau paquet réglementaire soumis à consultation jusqu’au 21 décembre. Au même titre, tout investisseur particulier devra obligatoirement répondre à un questionnaire pour évaluer son degré d’aptitude à se frotter à l’univers crypto et à ses risques potentiels.

Comme toujours dans ce type de démarche, seuls les moins nantis sont visés, les investisseurs dits « accrédités », c’est à dire institutionnels ou disposant déjà d’un pactole d’environ 142 000 dollars selon le document, ne sont pas admissibles à la vérification de leur savoir ou de leur ignorance. Une discrimination par l’argent habituelle et regrettable, mais qui ne doit pas masquer le fait que beaucoup s’aventurent dans le registre des cryptos sans éducation préalable, devenant les cibles toutes désignées des multiples fraudes et arnaques qui empoisonnent le secteur.

Outre le fait de s’informer des décisions éclairées de leurs utilisateurs, les plateformes crypto devront séparer les actifs des clients de leurs propres fonds. Elles pourraient également ne plus pouvoir prêter les actifs des investisseurs à des tiers. Des mesures qui, après l’épisode catastrophique de Celsius et de ses pratiques douteuses sinon délictueuses avec les fonds de ses clients et l’effondrement de l’UST qui a entraîné une série de faillites sur le territoire, peuvent paraître plutôt salutaires.

Hong Kong prend une orientation contraire en ouvrant le trading crypto aux particuliers

Ces mesures restrictives seraient donc le prix à payer pour que les cryptos, par essence populaires, ne deviennent pas la chasse gardée de quelques privilégiés. La banque centrale de Singapour, autre instance de régulation de l’industrie crypto, a d’ailleurs pris soin de préciser qu’elle n’avait nullement l’intention d’en interdire l’accès. Mais sa motivation ne relève pas d’un objectif démocratique. L’interdiction, comme on le lui a soufflé, serait contre-productive, les « consommateurs » de détail se tournant alors vers des plateformes sans licence, aggravant leur exposition au risque.

Ironie de l’actualité, au même moment l’autorité financière de Hong Kong qui a été la première à exclure les particuliers des activités de crypto-trading, assouplit sa position. Elle vient de reconsidérer ses exigences et souhaite permettre aux investisseurs de détail « d’investir directement dans des actifs virtuels ». Rappelons que depuis quatre ans, l’autorité financière du territoire, la SFC, limitait le trading de crypto sur les bourses centralisées aux investisseurs professionnels (possédant au moins 1 million de dollars US en portefeuille).

On ne sait jamais jusqu’où les régulateurs peuvent aller « pour nous protéger », aussi si les cryptos vous tentent, que vous êtes allé à la pêche aux infos et que vous vous sentez armé et prêt à investir, ne tardez pas trop pour vous inscrire sur une plateforme fiable et sécurisée comme Bybit  (lien commercial).

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