Comment Bitcoin s’infiltre peu à peu dans les institutions françaises ?

Les bonnes nouvelles se suivent quant à l’intégration du Bitcoin dans le paysage académique français. En effet, après l’annonce la semaine dernière d’un Bitcoin prêt à se faufiler dans les salles de classe, c’est au tour de l’Administration de l’afficher comme sujet de l’un de ses concours. En fait, l’épreuve s’est déroulée en mars dernier mais n’a été divulguée que ces derniers jours.

 L’Education Nationale fiche enfin le Bitcoin

Bitcoin au lycée

Les professeurs de Sciences économiques et sociales de 1ère peuvent dorénavant, à l’aide d’une fiche consultable sur le portail Eduscol, parler de Bitcoin à leurs élèves. C’est une possibilité qui leur est offerte pour les inviter à réfléchir sur les propriétés de la monnaie. L’atelier pédagogique s’appuie sur 4 vidéos. Trois proviennent de l’euro vidéo challenge organisé en 2017 par la très conservatrice Banque Centrale Européenne.

« Le bitcoin peut-il remplacer l’euro ? »
« Le bitcoin est-il la monnaie du futur ? »
« Faut-il avoir confiance dans sa monnaie ? »

Et la dernière un peu datée (2014)

« le Bitcoin est-il une monnaie comme les autres ? »

est issue du site éducatif Dessine-moi l’éco.

Quelle sera la proportion d’enseignants s’emparant du sujet ? On l’ignore, bien sûr, mais l’initiative reste néanmoins symptomatique d’une avancée de nos institutions sur le sujet. Avancée réelle mais loin d’être parfaite. Sébastien Gouspillou a relevé (en les corrigeant) nombre de clichés, erreurs ou approximations qui émaillent le document dit de référence.

Si le sujet s’insère dans une filière spécialisée et ne concerne donc pas, par définition, tous les lycéens, il est néanmoins notable d’observer la présence de Bitcoin dans un programme scolaire. C’est indéniablement  un signe de son intégration s’il devient un exemple à traiter pour les jeunes générations qui vont peut-être, enfin, bénéficier d’une éducation financière digne de ce nom. Parent pauvre, on le sait, de l’enseignement en France, sachant que l’ignorance des Français dans ce domaine est notoire. L’indicateur international the « Big Three » nous plaçant toujours bons derniers.

Bitcoin à l’épreuve … écrite d’admissibilité

Le Bitcoin à l’épreuve d’un concours administratif

Avant l’Education Nationale, c’est l’administration des Finances publiques qui s’y était collée. En effet, elle a proposé, en mars 2019, une épreuve d’analyse de dossier portant sur Bitcoin au concours externe de contrôleur des Finances Publiques. Les candidats devaient plancher pendant trois heures sur deux questions :

« Question 1 Présentez la notion de crypto-monnaie (les grandes caractéristiques) et son fonctionnement.

Question 2 Présentez les principaux avantages et inconvénients des crypto-monnaies. »

A première vue,  les questions sont ouvertes et appellent une analyse plutôt équilibrée. Mais c’était sans compter sur une liste de documents joints plutôt à charge :

« Document 1 Bitcoin attention danger, Alternatives économiques, janvier 2018 (4 pages)

Document 2 Bitcoin, mirage high-tech ou révolution ? (extraits), Challenges, février 2018 (4 pages)

Document 3 Les crypto-monnaies, introduction du rapport Landau au Ministre de l’Économie et des Finances, 4 juillet 2018 (1 page)

Document 4 Comptes rendus de la commission des finances du Sénat (extraits), 7 février 2018 (6 pages)

Document 5 Le bitcoin, un mystère monétaire planétaire, Libération, novembre 2017 (2 pages) »

Un beau catalogue exposant la collection de poncifs des régulateurs. Résumons l’esprit, mais pas la lettre. Le Bitcoin est un suppôt des mafias, un schéma de Ponzi, un hochet de spéculateurs, un attrape-nigaud numérique qui ne sert à rien sinon à faire bouillir la marmite-terre et à affamer les notaires, les banquiers et autres intermédiaires… Litanie fatigante heureusement un peu tempérée, incidemment sans doute, par une vision plus objective évoquant l’innovation technologique, l’efficacité du système et son indépendance. On est impatient de connaître la teneur des corrections du concours.

Vue d’ailleurs : la France, terre d’accueil du Bitcoin

La France, terre d’accueil du Bitcoin ?

Néanmoins, malgré le choix tendancieux de textes ouvertement hostiles , c’est un signal fort de légitimation  du Bitcoin sur notre territoire. La preuve en est, c’est qu’à l’international, la France est plutôt regardée comme avant-gardiste quant à l’adoption du Bitcoin. Deux évènements récents y ont contribué.

D’abord, Keplerk qui relance son service de vente du Bitcoin dans plus de 5000 bureaux de tabac. Ensuite, l’annonce selon laquelle, dès 2020, plus de 25 000 points de vente en France pourraient l’accepter comme moyen de paiement.

Avec ces deux initiatives académiques, on franchit un cap symbolique supplémentaire. Favorisé sans doute par la loi Pacte promulguée en 2018 qui a en quelque sorte normalisé l’approche de cet ofni  (objet financier non identifié) monétaire. En effet, les députés ont adopté une série de mesures pour offrir un cadre juridique destiné, selon la parole officielle, à “donner sa chance à la technologie blockchain” mais qui corrélativement, a aussi ancré dans le paysage la  plus populaire des cryptomonnaies.

On est loin de célébrer les noces de Bitcoin avec la France mais vu d’ailleurs, ça ressemble à des fiançailles prometteuses.

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