Cryptomonnaies

2021, année charnière pour l’adoption des cryptos

04 Avr 2022 - 18:58

L’exchange Gemini vient de publier un rapport qui révèle la courbe d’adoption des cryptomonnaies à l’échelle mondiale. A ce titre, 2021 apparaît comme une date-charnière. Près de la moitié des détenteurs de crypto interrogés déclarant avoir réalisé leurs premiers achats en bitcoin ou altcoins l’année dernière. Autre phénomène relevé, un écart entre les sexes appelé à se réduire et un effort de pédagogie encore plus soutenu exigé de l’écosystème.

L’écosystème crypto connaît une expansion rapide

La plateforme d’échange américaine Gemini vient de publier son rapport 2022 sur l’état mondial de la cryptographie. Une étude édifiante sur la progression de l’adoption des cryptos dans la population mondiale, avec néanmoins des disparités importantes selon les zones géographiques.

En effet, d’après l’enquête commandée par l’échange des frères Winklevoss, qui s’est déroulée en ligne du 23 novembre 2021 au 4 février 2022 auprès de près de 30 000 individus issus de vingt pays différents, 2021 est à marquer d’une pierre blanche.

L’adoption de la cryptographie a atteint un véritable point de basculement l’année dernière, devenant un moteur économique établi et un investissement précieux à travers le monde.

Noah Perlman , directeur de l’exploitation chez Gemini, in Communiqué

Près de la moitié des répondants possédant des cryptos ont réalisé leur premier achat en 2021 dans trois zones géographiques spécifiques. En Amérique latine pour 46% d’entre eux, aux Etats-Unis pour 44% des interviewés et à hauteur de 45% en Asie-Pacifique. L’Europe n’est pas si loin derrière, avec 40% de primo-accédants en 2021.

Les pays en tête du classement

Si on zoome plus précisément sur les pays, ce sont l’Inde, le Brésil et le territoire de Hong Kong qui arrivent en tête, avec respectivement 54% pour le premier et 51% de nouveaux investisseurs pour les deux autres.

Le Brésil occupe également le lead du classement en nombre de crypto-investisseurs par rapport à la population globale. 41% des répondants, comme en Indonésie, déclarent posséder des cryptomonnaies. Les Emirats arabes unis (35%) les suivent dans leur engouement, ainsi que les résidents de l’Etat-capitale Singapour (30%) et d’Israël à 28%. Ils devancent de loin des pays comme le Danemark ou la France. A noter toutefois, même si l’hexagone se retrouve en queue de peloton dans cette étude, c’est avec un taux de possesseurs de crypto représentant le double de celui annoncé par l’Adan/KPMG qui l’estimait en février à 8%.

Un écart entre les sexes appelé à se réduire ?

Mais il n’y a pas seulement ceux qui ont franchi le pas, qui sont recensés dans l’étude de Gemini. Il y a aussi ceux qui le voudraient, mais qui sont encore freinés dans leur élan. Ils représenteraient 41% des répondants. Et parmi ces « crypto-curieux, 47% seraient des femmes. Un pourcentage qui augure peut-être d’un resserrement de l’écart entre les sexes dans cet univers qui reste dominé par une disproportion structurelle.

Mais un entre-soi qui commence enfin à être perturbé : en Israël notamment, avec 51% de détentrices crypto. Egalement dans des pays dits « émergents » comme l’Indonésie ou le Nigeria, où les femmes représentent désormais, selon l’étude de Gemini, la moitié des investisseurs en crypto. Sans doute, ont-elle pris conscience que le recours à un système pseudonyme et décentralisé était la seule voie possible vers l’autonomie financière.

En revanche, en Europe (33%), aux États-Unis (32 %) et en Australie (27 %), on attend encore que les femmes s’y mettent, viennent y prendre part, prendre leur part sans attendre.

Exception faite de la France qui pour une fois se distingue de façon positive. En effet, elle se placerait en tête de l’adoption des cryptos par les femmes dans les pays développés. Plus de deux investisseurs sur cinq (45 %) sont des investisseuses. Pas de quoi battre des elles, mais une singularité notable à souligner.

Les freins à une adoption plus massive

Si l’inflation a été le moteur de l’adoption en 2021 au Brésil, en Afrique du Sud, au Mexique et en Inde selon l’étude, le phénomène est appelé à se renforcer cette année dans les pays de la zone euro ou aux Etats-Unis qui connaissent à leur tour une érosion de la valeur de leurs devises. D’ailleurs, deux détenteurs de crypto sur cinq aux USA la considèrent comme une protection contre l’inflation.

Mais des obstacles subsistent à une plus forte adoption. En premier lieu, l’incertitude réglementaire qui effraie les non-détenteurs à hauteur de 39 % en Asie-Pacifique, 37 % en Amérique latine et 36 % en Europe. 

La complexité fiscale représente aussi un frein pour approximativement un tiers des répondants au Moyen-Orient et un quart d’entre eux en Asie-Pacifique et en Amérique latine. 

Enfin, et en dépit d’un effort de pédagogie soutenu déployé par l’écosystème crypto, le supposé manque de ressources éducatives serait l’obstacle le plus important à l’investissement dans les cryptomonnaies. C’est une affirmation partagée unanimement d’un bout à l’autre de la planète. Et bien qu’elle puisse paraître erronée, elle oblige l’industrie à revoir sa copie et à multiplier les canaux d’information pour rendre les cryptomonnaies encore plus accessibles au plus grand nombre.

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