Analyse & Etat des lieux : Les indicateurs de l’adoption des cryptomonnaies dans le monde

Le Bitcoin est dans sa 10ème année, l’écosystème des cryptomonnaies est en plein essor, qu’en est-il de son adoption dans le monde réel ? Une étude des indicateurs suivants peut nous être utile pour comprendre la propagation géographique des cryptomonnaies ainsi que l’avancée de l’adoption de celles-ci.

➡️Nous suivre sur Telegram

Qu’en est-il des ATM Bitcoin dans le monde ?

Un ATM Bitcoin.

Un ATM Bitcoin.

Le nombre de distributeurs, dit ATM Bitcoin, est en constante augmentation puisqu’il avoisine les 5727 à l’heure ou nous parlons. Sa répartition géographique se décompose ainsi : 74.7% en Amérique du Nord, 21.3% en Europe, et le reste du monde se partage 4% (Asie, Afrique, Amérique du Sud).

Une décomposition qui rappelle que nous ne sommes qu’au début de l’adoption des cryptomonnaies dans le monde réel, puisque 64 % des ATM mondiaux ne se trouvent encore qu’aux Etats-Unis ! L’installation de distributeurs s’accélère avec 6.6 ATM/jour en moyenne ouverts et une tendance de fond qui s’intensifie depuis 2017. La balance suppression /création ayant même connu un nouveau plus haut historique avec 307 ATM net en plus, uniquement sur le mois d’août 2019.

Recherches du terme “Bitcoin” et “cryptocurrency” sur Google

L’évolution des recherches “Bitcoin” sur Google trends varie au gré des envolées de prix de ce dernier. Néanmoins, sur ces 5 dernières années ce sont des pays d’Afrique qui tiennent le haut du classement des recherches du terme “Bitcoin” avec respectivement le Nigéria, l’Afrique du Sud et le Ghana (4ème). L’explication tient souvent au fait qu’il est plus intéressant pour des pays en voie de développement d’utiliser les cryptomonnaies, puisqu’elles constituent un moyen moins cher, pour ses habitants, d’accéder à des services financiers/bancaires.

En effet, dans les pays en voie de développement, le manque de travail, les conditions de vie, d’accès aux banques et aux marchés financiers empêchent souvent les populations pauvres d’être acteur du marché classique. La simplicité d’accès aux cryptomonnaies (un simple téléphone avec internet) représente une alternative sécurisée et, pour beaucoup, une solution avantageuse en termes de frais de transaction et d’inflation.

Les recherches du terme “cryptocurrency” sont quant à elles redescendues à un niveau datant du 14 mai 2017, avec la Slovénie et Singapour tenant le haut du classement. Ce qui n’est pas étonnant, car la Slovénie a une législation très souple envers les crypto-possesseurs. En fait, les bénéfices de trading des particuliers ne sont soumis à aucune taxe, et la politique nationale du pays est tournée vers l’innovation technologique.

Singapour quant à lui, est connu pour être un pays spécialisé dans la finance, et dénombrant une forte population multiculturelle de traders classiques et de cryptomonnaies.

A noter : le mini bull-run récent sur le Bitcoin n’a presque pas eu de répercussion sur le taux de recherche contrairement aux précédents bull-run corrélativement au prix.

Nombre de wallets existants dans le monde

Un autre indicateur peut nous donner un complément d’information : c’est le nombre de crypto-wallets.

Cette courbe du nombre de portefeuille crypto dans le temps témoigne d’une augmentation concrète en 3 étapes : Jusqu’en janvier 2014 environ 1 million de wallets, en janvier 2016, environ 6 millions et en janvier 2019, 32 millions de wallets.

On peut expliquer cette augmentation par la création de plus en plus importante de solutions d’accès aux cryptomonnaies, de plus en plus simples et intuitives, ajoutée à une évolution des lois financières qui tend à assouplir son jugement sur les cryptomonnaies.

L’image de ces dernières se transforme au fil du temps, et de grands acteurs plus traditionnels, tels que Facebook, Telegram se lancent avec leurs propres monnaies digitales. De son côté, Bakkt lance un service pour permettre aux institutions d’avoir plus facilement accès aux cryptomonnaies, de manière bien plus sécurisée.

Le point régulation, où en est-on ?

Carte de la régulation des cryptomonnaies.

Carte de la régulation des cryptomonnaies.

Et enfin il y a une piste à ne pas négliger : c’est la régulation des cryptomonnaies dans le monde.

En effet, nous pouvons constater que la grande majorité des pays de l’hémisphère Nord est plutôt favorable aux cryptomonnaies. Actuellement, un seul continent (presque entier) manque à l’appel, c’est l’Afrique. Malgré le fait que les cryptoactifs connaissent un attrait certain et grandissant dans cette partie du monde, les processus législatifs sont souvent longs et fastidieux quand ils ne sont pas purement et simplement inexistants. Beaucoup de pays d’Afrique, notamment dans la région centrale, connaissent de grandes situations de pauvreté et d’instabilité politique. La décentralisation des cryptomonnaies a un rôle essentiel à jouer pour ces pays en quête de souveraineté monétaire. C’est un continent qui connaît une démographie en augmentation, qui devrait représenter 40% de la population mondiale en 2100, avec des prévisions à 4,465 milliards d’habitants. Inutile d’expliquer qu’il a le potentiel pour devenir le plus grand vivier d’utilisateurs de cryptos au monde !

Ici étant précisé que l’Europe, par exemple, est à peine en train de qualifier juridiquement le terme “cryptomonnaie”, presque 11 ans après la sortie du Bitcoin.

L’Amérique du Sud quant à elle évolue sur ce sujet. Certains y trouvent un intérêt pour contourner les sanctions économiques américaines, d’autres y voient une opportunité pour développer leur économie (Chili ou Brésil avec une grosse communauté Ethereum notamment, l’Argentine et sa production d’ ATM Bitcoin récemment, et le Venezuela voulant créer une plateforme de cryptodevises basée sur le commerce de pétrole menaçant le système du pétrodollar).

La partie Moyen-Orient est en réflexion juridique sur ce sujet. Les lois religieuses régissant une bonne partie des pays interdisent formellement les activités spéculatives bloquant ces marchés potentiels. Néanmoins, plusieurs pays tels que l’Arabie Saoudite (et notamment son partenariat avec Ripple), le Bahreïn ou les Emirats Arabes Unis se mettent à investir massivement dans les cryptomonnaies depuis 2018.

Toute la partie asiatique du monde est bien connue comme étant devenue un grand acteur du monde des cryptomonnaies ces 3 dernières années. La Chine qui, il y a quelques années, était très hostile aux cryptos est sur le point de lancer son propre token adossé au yuan, fruit de plusieurs années de développement. Le Japon a été l’un des pionniers sur le plan juridique puisque les premières lois sur le sujet remontent à 2016 et des réflexions d’Etat sont menées depuis 2014. L’Indonésie quant à elle vient d’ouvrir cette année le marché des contrats futures sur des actifs cryptographiques aux sociétés voulant en proposer. Jusqu’à maintenant la Banque Centrale indonésienne avait interdit les cryptomonnaies comme moyen de paiement.

Conclusion

Pour conclure, ces quelques indicateurs nous montrent l’accélération de l’expansion des cryptoactifs dans le monde. Une tendance de fond s’installe depuis la bulle du Bitcoin en 2017. En effet, l’accès aux cryptomonnaies se simplifie, devient moins onéreux en frais, et commence à se répandre dans les pays en voie de développement. Comme en attestent les indicateurs géographiques, ce sont encore des pays développés qui utilisent en majorité les cryptodevises. Ce qui est paradoxal, car les conditions d’accès à l’argent sont, dans ces pays, généralement plus souples et nous voyons même en ce moment des taux d’intérêt négatifs. Mais ces pays développés ne cherchent pas tellement un accès à l’argent mais plutôt un accès à l’anonymat et à la transparence des données relatives à la vie privée.

Les cryptomonnaies ont beaucoup à faire actuellement et possèdent dans leurs caractéristiques de quoi satisfaire des demandes de nombreux pays, notamment en matière de sécurité, de vie privée, de transparence et de coût intrinsèque de la monnaie (fabrication, intérêts, coûts d’accès).

Commentaires

at ut Donec ut in Sed
208 Partages
Partagez
Tweetez
Partagez