GAFI vs DeFi – Une nouvelle « Guidance » sur les actifs numériques qui pose problème

 GAFI vs DeFi – Une nouvelle « Guidance » sur les actifs numériques qui pose problème

Un vent de régulation est en train de souffler sur l’univers des cryptomonnaies. Cela sous la forme de multiples tentatives d’en contrôler le développement considéré – à juste titre et au sens propre du terme – comme anarchique. Des dispositions qui tiennent plus de la collision frontale que de la volonté d’intégration pacifiée. Et qui finissent par confirmer une opposition déjà largement consommée entre deux mondes que tout oppose. Et il est maintenant question de la DeFi, des smart contracts et des jetons de gouvernance.

Il ne sera donc pas possible de profiter de ce bull market actuel sans avoir à subir les attaques hostiles de ces armées de régulateurs en embuscade. Ceux-là mêmes qui contrôlent la partie depuis qu’elle a débuté. Et qui ne souhaitent pas voir les règles du jeu leur échapper au profit d’une inclusion et d’une liberté bien trop dangereuse pour eux. Ce qui fait des cryptomonnaies leur pire cauchemar dans le domaine. Et de leur volonté de contrôle absolu un mauvais remake de Matrix, version GAFIX (en fait ça sonne plus Asterix).

Une situation qui avait déjà commencé à déraper il y a peu. Cela avec l’ouverture de la saison de chasse aux exchanges non PSAN sur le territoire français. Ce qui implique que les acteurs de cet écosystème doivent rendre des comptes aux instances de surveillance monétaires. Mais surtout rendre les comptes de leurs utilisateurs transparents comme cela n’est exigé nulle part ailleurs. La raison officielle : une pseudo lutte acharnée contre le terrorisme et le blanchiment d’argent (LCB-FT).

Nouvelle Guidance sur les actifs numériques

Pourtant les chiffres sont sans équivoque possible. Et ils émanent d’un ancien directeur de la CIA qui a décidé de remettre les pendules à l’heure au sujet des cryptomonnaies. Une étude qui démontre que moins de 1% des transactions dans le domaine sont à caractère potentiellement frauduleux et/ou criminel. Et qu’une trop forte régulation ne serait qu’un obstacle inutile à une innovation en marche. Mais il semble que rien n’y fasse. Et que la volonté de museler ou de punir les acteurs de cet écosystème surpasse ce genre de considérations trop novatrices.

Car un nouvel épisode vient d’être écrit par les services du GAFI. Ce Groupe d’Action Financière intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d’argent le le financement du terrorisme. Celui-ci venant d’émettre « une révision de sa « Guidance » sur les actifs numériques et les PSAN » (ou FAFT en anglais). Ce qui pose deux questions immédiates. Ce service n’a-t-il pas des choses plus importantes à gérer (par exemple le terrorisme et le blanchiment d’argent) ? Et quel est le rapport avec l’univers des cryptomonnaies ? 

Une information relayée hier par l’ADAN. Cette association dont le but est de promouvoir et de défendre les intérêts du marché des cryptomonnaies sur le territoire français. Et qui tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur les récentes et nouvelles dérives dans le domaine.

Le GAFI s’attaque à la DeFi

Et ce que souhaite imposer le GAFI avec cette récente « révision » a tout de surréaliste. Car cela concerne la mise en place d’un contrôle qui tente de s’insinuer dans toutes les ramifications de l’univers des cryptomonnaies. Une sorte de tir à la chevrotine et à l’aveugle pour tenter de faire un maximum de dégâts. Et qui va même jusqu’à faire des détenteurs de jetons de gouvernance des individus suspects à surveiller et à soumettre à la réglementation LCB-FT ! Non, ce n’est pas une blague de fin de mois d’avril…

« Avec cette nouvelle révision, tout individu ou société impliqué dans le développement/déploiement, l’utilisation ou la gouvernance d’une app permettant le transfert d’actifs numériques serait qualifié de « virtual asset service provider » (PSAN) et contraint de mettre en place la LCB-FT. » – ADAN

Ce qui concerne donc les personnes qui se sont rendues « coupables » du développement d’une plateforme décentralisées (DEX), d’un stablecoin, d’un agrégateur de liquidité, ou du « délit » de gouvernance… En somme, toute l’architecture et les fondamentaux de la DeFi mis au pilori d’une régulation absurde. Et qui fait que tout individu « déployant un smart contract permettant le transfert d’un token pourrait être visé. » Cela même s’il en a abandonné le contrôle aussitôt après son lancement. Ou comment chercher un responsable dans un univers qui par son principe de décentralisation n’en a aucun… ou une multitude.

« Cette définition inadaptée du VASP crée une incertitude juridique pour les utilisateurs et les développeurs de la DeFi. Elle imposerait à des particuliers et des startups sans compétences en matière d’identification client d’effectuer des diligences sur des utilisateurs. » – ADAN

La DeFi va devoir rendre des comptes

Une seule véritable question reste ouverte et béante dans ce dossier. Et elle concerne le rapport effectif que tout cela entretient – même de très (très très très) loin avec le terrorisme et/ou le blanchiment d’argent. Une question qui ne trouvera certainement pas de réponse. Probablement car celle-ci n’existe tout simplement pas. Mais également car les régulateurs imposent, mais jamais ne se justifient. Et les contrevenants se soumettent, mais sans avoir à comprendre. Et qu’au final l’objectif est de prendre le contrôle de ce navire sans capitaine

Il n’y a donc pas de raison de s’inquiéter. Car la DeFi intéresse bien plus les régulateurs qu’elle ne leur fait réellement peur. Et ce petit exercice de tir à balles réelles n’est là que pour montrer qui est le véritable patron. Tout en indiquant très clairement que ces milliards de dollars qui transitent par son écosystème devront à un moment où à un autre terminer leur course dans la poche de ceux qui dirigent. Cela une fois que cette Finance Décentralisée révolutionnaire sera devenue le nouveau jouet de ces amateurs de centralisation et de pouvoir.

Un scénario qui risque cependant de se heurter à cette décentralisation qui en est le fondement. Mais pas de problème, car dans ce cas de figure il suffit de s’attaquer aux individus qui en portent le développement. Ce qu’est très clairement en train de démontrer la stratégie actuelle du GAFI. Et qui va nécessiter d’ajouter une bonne dose d’anonymat à tout cela pour tenter d’y échapper.

Hugh B.

Passionné par l'univers des cryptomonnaies. J'attache une grande importance à la vulgarisation pour rendre les choses compréhensibles et accessibles à tous. Mes articles ne sont en aucun cas des conseils financiers. DYOR !

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