EtherDelta – 176 000 USD sont détournés dans un EXIT SCAM

La plateforme de trading EtherDelta, censée être décentralisée, serait impliquée dans une escroquerie à hauteur de 176 000 USD datant de 2017, selon la direction générale de DHVC et cofondatrice de Primitive Ventures.

176 000 dollars dérobés lors d’une ICO frauduleuse

EtherDelta est une plateforme d’échange de cryptomonnaies fondée par Zack Coburn en 2017. Spécialisée dans les produits Ethereum, elle a attiré de nombreux investisseurs grâce à la rapidité du listing des jetons d'ICO sur Ethereum et car elle se présentait comme un DEX. Bien que la startup ait connu un énorme succès dans le domaine du trading des actifs numériques, son parcours a été terni par des manipulations de fonds au cours d’une arnaque que l'on peut qualifier d'exit scam. En effet, la vente d’EtherDelta à un groupe d’investisseurs chinois en 2017 a entraîné les premières dérives de la société.

EtherDelta séduit de nombreux investisseurs

EtherDelta séduit de nombreux investisseurs

D'après les explications de Dovey Wan, de nouveaux propriétaires de la plateforme auraient profité de la notoriété d’EtherDelta pour inciter les investisseurs à acheter des tokens EDT (Ether Delta) à l’occasion d’une ICO organisée du décembre 2017 à mi-janvier 2018.

Dans cette perspective, un fonds conséquent de 176 000 dollars a été collecté mais apparement cette vente ne reposait sur rien de concret, les auteurs de l'ICO sont partis avec la caisse. Par conséquent, les acheteurs de tokens EDT se sont plaints auprès de la police chinoise afin de récupérer leurs fonds. Cependant, les nouveaux responsables de la plateforme se sont éclipsés sans laisser de traces, c'est la raison pour laquelle on considère cette action être un exit scam. Ce genre de manœuvre frauduleuse était monnaie courante durant la période 2017-2018 dans l'univers crypto. Selon les études du groupe Stratis, un cabinet de conseil américain spécialisé dans les ventes de cryptomonnaies, 80% des ICO s’apparentaient à des escroqueries durant cette période.

EtherDelta traverse une période périlleuse

D'après Dovey Wan, l’affaire EtherDelta est à présent traitée par les autorités chinoises. Le post de la cofondatrice de Primitives Ventures décrit la situation comme une accusation d’escroquerie à propos des tokens EDT.

Par ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’EtherDelta a des problèmes avec la justice. En 2018, la Securities and Exchange Commission (SEC) avait condamné son ancien propriétaire, Zack Coburn, à verser près de 400 000 dollars pour avoir négligé l’enregistrement de la plateforme en tant que "plateforme d’échange nationale". A cette époque, EtherDelta figurait dans la liste des meilleurs exchanges avec un flux exceptionnel allant jusqu’à 3,6 millions de volume sur 18 mois, d’après les chiffres de la SEC.

Cette nouvelle sombre histoire risque ainsi de détériorer l’image d’EtherDelta, d’autant plus que les autorités chinoises sont sévères dans la pénalisation des fraudes liées aux cryptomonnaies. Sur ce propos, Dovey Wan déclare que la justice n’accorde "aucune pitié" pour ces types de pratiques malsaines, ce qui pourrait notamment impacter la survie de l’exchange.

Pour l’heure, les autorités chinoises ne ménagent pas leurs efforts pour identifier et appréhender les auteurs de l’arnaque. Parallèlement, la saga d’EtherDelta justifiera la décision de la Chine d’interdire les ICO en 2017, suite au commentaire de la Banque centrale à l’époque, selon laquelle "l’ICO est un phénomène de financement ouvert illégal et non approuvé qui entraîne la vente illégale des tokens, de système de ponzi et d’autres activités criminelles". Cet avis qui met en lumière le fait que les ICO peuvent largement être des arnaques semble également partagé par les pays occidentaux, à l’instar de la France qui a établi une réglementation stricte à partir de la loi Pacte du 22 mai 2019 contrôlée par l’Autorité des marchés financiers (AMF).

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