La Banque de France fait des choix… discutables

 La Banque de France fait des choix… discutables

La Banque de France (BdF) a sélectionné huit candidats susceptibles de tester une monnaie numérique destinée aux règlements interbancaires. Sans surprise, des mastodontes du secteur bancaire y figurent mais pas d’acteurs cryptos français.

8 candidats retenus

Le communiqué dévoilant le nom des heureux élus fait suite à l’appel à candidature lancé au mois de mars par la banque centrale.

Il s’agissait à l’époque de recruter (gracieusement) au maximum dix candidats susceptibles d’expérimenter l’utilisation d’une CBDC de gros ou, en bon français, une monnaie digitale de banque centrale (MDBC). Au final, seulement huit candidats ont été retenus. Euroclear, Iznes, ProsperUS mais aussi le cabinet conseil Accenture qui a déjà oeuvré sur d’autres prototypes de CBDC, notamment pour la RiskBank suédoise. D’autres acteurs davantage axés sur la cryptographie comme Seba Bank (d’origine suisse alors que les critères de sélection l’excluaient…) et LiquidShare sont aussi de la partie. Un choix qui n’accorde pas de place à l’écosystème français dont on croit savoir que certains acteurs majeurs avaient postulé avec une offre solidement ficelée. Un regret d’autant plus affirmé que l’un des principaux critères de sélection énonçait, sans rire, la « nature innovante » des propositions.

Bienvenue dans l’entre-soi

Alors pour l’innovation, on repassera, tout autant que pour l’intégrité de certains élus. En effet, la BdF s’étant aussi arrêté sur deux grosses banques impliquées dans des scandales financiers liés au blanchiment d’argent : HSBC et la Société Générale. Cette dernière ayant déjà contribué par le biais de sa startup intégrée Forge, qui porte les projets du groupe bancaire liés à la blockchain, au succès du premier test de monnaie numérique de la banque centrale.

On ne sait pas, pour le moment, quelles technologies seront privilégiées par ces différents acteurs. Sans trop s’avancer, on peut supposer qu’il s’agira de Corda/Hyperledger ou, en tous les cas de blockchains permissionnées. L’exception pourrait venir de LiquidShare qui devrait a priori travailler sur Tezos ou Ethereum.

Quoi qu’il en soit, tout ce beau monde va travailler à des projets pilotes en coopération avec la BdF.

Les expérimentations proposées par les candidats sélectionnés permettront d’explorer de nouvelles méthodes d’échanges d’instruments financiers (hors crypto-actif) contre de la monnaie de banque centrale numérique afin d’améliorer les conditions pour effectuer des paiements transfrontaliers et revoir les modalités de mise à disposition de la monnaie centrale. »

Communiqué de la BdF, 20 juillet 2020

Une Banque de France qui se place en pôle position pour contribuer à une CBDC à l’échelle européenne. Elle vient en effet d’être choisie pour représenter l’Eurosystème aux côtés de la Deutsche Bundesbank dans le cadre du « Bis Innovation Hub » de la Banque des banques centrales (BRI) qui clame aujourd’hui son amour immodéré pour les cryptos sous contrôle et surveillance des Etats. Une prise de conscience un peu tardive mais pour laquelle aujourd’hui, elle déploie les grands moyens et où l’institution française aimerait jouer un rôle de premier plan. En montrant patte blanche, à l’évidence.

Nathalie E.

Nathalie E.

Littéraire open source. Mon credo : contribuer à populariser le monde des cryptos et à encourager sa mixité.

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