Les CBDCs plus populaires que Bitcoin…

 Les CBDCs plus populaires que Bitcoin…

Un énième rapport, émanant de la BRI (Banque des Règlements Internationaux) qui en publie régulièrement, affirme un intérêt croissant du public pour les monnaies numériques de Banques centrales, porté principalement par un contexte anxiogène.

Du déjà-dit et une primeur

Un nouveau rapport de la « banque des banques » atteste d’un essor sans précédent de l’idée d’une version numérique des monnaies nationales. On connaissait déjà l’implication des institutionnels face à ce défi de taille, l’évoquant sous tous les angles (de la théorie à l’expérimentation) au gré de l’actualité prolifique de l’année écoulée. Patchwork de tentations (très) régulatrices, débordant parfois d’une volonté de contrôle accru des citoyens.

Enorme travail aussi, produit en quelques mois, harassé de tentatives avortées ou réalisées, de tâtonnements technologiques (blockchain, pas blockchain ? Publique ou privée ? euh, non, ça, c »est plié…) et s’étirant en réflexions plus ou moins fructueuses au fil de think tank , de pôle d’innovation, de laboratoire ou de regroupements artificiels d’un bout à l’autre de la planète. Le fait est : depuis l’annonce fracassante d’un possible stablecoin émis par Facebook, la terre a tremblé sous les pieds des tenants de l’ordre monétaire contraints d’envisager le changement radical d’une infrastructure bancaire de plus en plus bancale.

La nouveauté aujourd’hui c’est que le grand public s’en empare aussi. Plus précisément, il commence à apprivoiser le fait que sa monnaie d’usage sera bientôt (presque) exclusivement numérique. Après tout, ne se sert-il pas déjà majoritairement de paiement électronique, négligeant de plus en plus pièces et billets supposément criblés de virus.

De quoi les CBDCs sont-elles le nom ?

C’est l’enseignement principal qu’on peut retirer de ce long document qui synthétise les recherches autour des CBDCs (Central Bank Digital Currency) à l’échelle mondiale. Les requêtes effectuées sur le moteur de recherche le plus courant signalent clairement un intérêt croissant pour ces acronymes indigestes, qui vont sans doute constituer notre ordinaire de demain.

Exit Bitcoin et Libra, ce sont les CBDCs qui emportent haut la main le trophée de la curiosité. Normal, me direz-vous, les citoyens veulent savoir à quelle sauce ils seront « monétarisés », sachant qu’ils ne disposeront sans doute pas longtemps du choix de leur moyen de paiement. L’écho d’un yuan, d’un euro ou d’un dollar numérique en préparation leur est aussi certainement venu plus ou moins distraitement à l’oreille. Et, surtout, il y a ce satané virus qui a pas mal chamboulé la perception entre argent sale et argent propre, tout cela sous l’oeil bienveillant des Etats qui ne peuvent que se réjouir d’un cash physique dorénavant voué aux gémonies.

Lorsque les comportements changent, ils le font souvent de manière assez persistante. De la même manière, les changements de comportement de paiement causés par la crise du COVID-19, comme une utilisation accrue des paiements numériques, pourraient avoir des effets considérables à l’avenir. 

BRI, août 2020

Le consentement citoyen à une infrastructure numérique de paiement centralisée semble donc en bonne voie et, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle.

Nathalie E.

Nathalie E.

Littéraire open source. Mon credo : contribuer à populariser le monde des cryptos et à encourager sa mixité.

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