Jetons NFT

Yuga Labs (BAYC) accusé d’avoir abusé des « investisseurs sans méfiance »

25 Juil 2022 - 13:00

Les périodes de crises financières sont rarement les plus intéressantes et constructives. Mis à part si l’on se trouve dans le camp de ceux qui rachètent à bas prix les placements hasardeux des autres. Car la tendance vire rapidement à la recherche avide et agressive de responsables, la plupart du temps autres que soi-même. En particulier dans le secteur des cryptomonnaies aussi volatil que (presque) dépourvu de toutes structures centralisées auprès de laquelle il serait possible de se plaindre. Mais peu importe, car des cabinets d’avocats proposent d’y remédier, en lançant des actions collectives hasardeuses. La dernière en date à l’encontre du studio Yuga Labs, responsable du Bored Ape Yacht Club et de la cryptomonnaie APE.

Le projet Bored Ape Yacht Club (BAYC) est devenu depuis son lancement le symbole de l’euphorie qui s’est emparée du secteur des jetons NFT. Avec un prix plancher qui reste imperturbablement bloqué au-dessus des 85 ETH (environ 130 000$), alors que leur prix de vente était inférieur à 100$. Et une dynamique de développement hyperactive qui a vu apparaître dans la foulée la cryptomonnaie APE et plus récemment le métavers Otherside. Avec un véritable succès à chaque fois au rendez-vous.

Une dynamique qui est également à l’origine de nombreuses critiques émises à l’encontre du studio Yuga Labs, responsable de cette success story numérique. Cela au sujet d’accointances douteuses avec une iconographie aux inspirations néo-nazies parfois très troublante. Ou encore vis-à-vis de la tokenomics de la cryptomonnaie APE, très loin d’être aussi décentralisée et Web3 que veulent le faire croire ses initiateurs. Ces derniers présentés comme indépendants de Yuga Labs qui n’aurait fait que l’adopter suite à son lancement. Un détail important pour la suite de cette affaire.

Yuga Labs – Face à un recours collectif

Cette affaire provient bien évidemment des États-Unis. Ce pays où il est possible de porter plainte contre a peu près toutes les conséquences de comportements stupides, si aucun avertissement explicite ne précisait de ne pas le faire. Et entre celui qui a plongé dans une piscine avec 10 centimètres d’eau et ce chien mort d’avoir été mis à sécher dans un micro-onde se trouve dorénavant le studio Yuga Labs. Cela dans le cadre d’une action collective initiée par le cabinet d’avocats Scott+Scott. Et pour le moment visiblement en quête d’investisseurs à aligner dans les rangs des plaignants potentiels. Le but : « demander la restitution des pertes subies lors de l’achat de jetons Yuga Labs et de NFT ».

« Les investisseurs de Yuga Labs ont été incités de manière inappropriée à acheter des produits financiers, à savoir l’ApeCoin et les jetons non fongibles Bored Ape Yacht Club (« NFT »). La direction de Yuga Labs a utilisé des célébrités et des avenants pour gonfler le prix des NFTs et des jetons de la société. Cela en faisant généralement la promotion des perspectives de croissance et des changements pour d’énormes retours sur investissement auprès d’investisseurs sans méfiance.« 

Scott+Scott

Une procédure toujours au stade de la simple proposition racoleuse. Car aucune plainte officielle n’a encore été déposée par le cabinet Scott+Scott dans le cadre de ce dossier (si toutefois il existe réellement). Avec comme principal cheval de bataille, le fait de pouvoir faire entrer les jetons NFT dans la case des titres financiers de la Securities and Exchange Commission (SEC). Ce qui impliquerait un manquement de la part de Yuga Labs, vis-à-vis de leur enregistrement préalable auprès de cette structure américaine. Mais l’exercice semble hasardeux, vu le flou juridique qui entoure ces jetons non fongibles à l’heure actuelle.

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Yuga Labs – La cryptomonnaie APE dans le viseur

Raison pour laquelle le cabinet Scott+Scott s’attaque également à la cryptomonnaie APE, lancée en parallèle de la structure Yuga Labs. Pourtant cette dernière a tout simplement été « adoptée » par l’entreprise, une fois lancée de façon présentée comme autonome. Un peu sur le modèle de la cryptomonnaie CRV du protocole Curve, en août 2020. Avec ce petit air de se foutre de la gueule du monde, tout en restant à distance suffisante pour ne pas risquer les conséquences légales éventuelles. Comme un recours collectif lancé par un obscur cabinet d’avocats visiblement en manque d’informations essentielles dans le domaine…

« Après avoir vendu des millions de dollars de NFT frauduleusement promus, Yuga Labs a lancé le ApeCoin pour attirer davantage d’investisseurs. Une fois qu’il a été révélé que la croissance annoncée dépendait entièrement de la promotion continue (par opposition à l’utilité réelle ou à la technologie sous-jacente), les investisseurs de détail se sont retrouvés avec des jetons qui avaient perdu plus de 87% de leur valeur par rapport au prix gonflé du 28 avril 2022.« 

Scott+Scott

Nul doute néanmoins que cette procédure puisse trouver quelques investisseurs motivés. Afin de tenter de récupérer tout ou partie des 76% – au moment de la rédaction de cet article – de pertes affichées par la cryptomonnaies APE depuis son ATH du 28 avril 2022 (26,70$). Mais avec une seule véritable question à se poser : qui abuse qui dans cette histoire ? Les avocats du cabinet Scott+Scott, qui laissent penser qu’il serait possible de gagner quelque chose dans le carde de ce recours collectif. Ou Yuga Labs qui a vendu des NFTs devenus emblématiques et « subit » le lancement d’une cryptomonnaies simplement adoptée. Cela sans jamais présenter autre chose que l’éventualité d’une hausse qui pourrait tout aussi bien redevenir d’actualité. Vous avez deux heures…

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