Jetons NFT

Bored Ape Yacht Club – Une collection de NFTs aux références néo-nazies ?

19 Fév 2022 - 15:00

L’univers des cryptomonnaies version Crypto Twitter n’est pas toujours sa meilleure représentation. Car l’une des principales « utilités » de ce média social semble se résumer à des hordes de haters en quête de n’importe quel tweet sur lequel déverser leur venin. Mais au milieu de ces grognements de roquets stériles émergent néanmoins certaines enquêtes intrigantes. Et la dernière en date concerne la très célèbre collection de NFTs du nom de Bored Ape Yacht Club. La raison : des similitudes et références troublantes en relation à l’iconographie et aux idéologies néo-nazies.

Ce genre de « révélation » va sans aucun doute diviser les lecteurs en deux camps distincts. Ceux qui vont trouver tout cela franchement inutile ou tout simplement absurde. Et ceux pour lesquels une suite de similitudes troublantes finit par se transformer en un doute raisonnable. Sachant que même si les faits peuvent semer le doute, tout cela reste pour le moment une suite de simples suppositions. Mais ces dernières néanmoins suffisamment intrigantes pour être connues.

Car après l’euphorie d’une année 2021 explosive, le marché des jetons NFT semble décidé à dresser un bilan à l’aide de têtes un peu plus froides. L’occasion de mettre à jour certaines opérations obscures en relation à des collections pourtant devenues centrales de cet écosystème. Comme dans le cas de cette controversée V1 des célèbres CryptoPunks volontairement cachées par Larva Labs depuis son bug de 2017. Et plus récemment d’étranges accusations d’accointances néo-nazies en relation aux Bored Ape Yacht Club (BAYC).

BAYC – Une success story version NFT

La collection des Bored Ape Yacht Club est sans aucun doute le plus gros succès de la scène NFT en 2021. Des personnages représentés sous la forme de singes aux raretés aléatoires, avec un prix de vente initial fixé à 0,08 ETH (environ 200$). Mais dont le floor price s’est depuis envolé pour atteindre les 94 ETH sur la plateforme Opensea (environ 260 000$) au moment de la rédaction de cet article. Un véritable symbole porté par une communauté à la motivation – et aux bénéfices – sans faille. Et de nombreux projets annexes, comme un jeu dédié ou des versions mutantes étonnantes.

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Un véritable phénomène de mode, devenu en l’espace de quelques mois un signe extérieur de tendance pour des stars fières de détenir l’exemplaire souvent réalisé à leur effigie. Mais également le projet auquel s’associer pour des marques comme Adidas. Tout cela pour une success story sortie du cerveau de ses deux créateurs, installés au fond d’un bar miteux de Miami.

« Nous étions donc au début de la vingtaine et nous nous sommes essentiellement rencontrés par le biais d’amis d’amis dans ce genre de bar crasseux à Miami. Nous avions tous les deux grandi là-bas, y étions nés et y avions grandi. Et cela a ensuite joué dans la façon dont nous avons imaginé le club.« 

Gargamel, cofondateur BAYC

BAYC – Des NFTs aux références néo-nazies ?

Pourtant, certaines découvertes viennent jeter le trouble sur cette collection devenue emblématique du marché des jetons NFT. Ces dernières effectuées et régulièrement publiées par le compte Twitter de l’artiste Ryder Ripps, dont la motivation peut tout autant passer pour du sérieux que de l’acharnement. Avec au centre de tout cela, de nombreuses similitudes étranges découvertes entre l’iconographie mise en place par le BAYC et la « culture » néo-nazie. Et comme point de départ, un message envoyé par un ami à Ryder Ripps en décembre de l’année dernière. Ce dernier mettant côte à côte le logo des BAYC et celui de la 3e division de SS du nom de Totenkopf. Chacun se fera sa propre opinion…

Une ressemblance troublante qui aurait pu en rester là, si les recherches de Ryder Ripps n’avaient pas permis d’en révéler d’autres. Et tout particulièrement le nom de la société « Yuga Labs » derrière ce projet. Un concept hindou (Kali Yuga) parfois repris par les nazis dans le passé. Mais selon les explications de cette dernière sur son compte Twitter : « le nom d’un méchant de Zelda dont la capacité est qu’il peut se transformer lui-même et les autres en art 2D. » Une situation complexe face à laquelle l’entreprise a tout d’abord voulu porter plainte pour diffamation, avant de se rétracter. Avec comme stratégie mise en place depuis : l’ignorance stratégique.

Une affaire qui divise au sein de la communauté des NFTs, même si au final personne ne sait réellement comment réagir. Avec des influenceurs la plupart du temps totalement muets sur un sujet véritablement très glissant, ou jugé sans intérêt. Et dans le même temps, une liste de similitudes toujours plus troublantes qui ne cesse de s’allonger. Mais dans lesquelles la co-directrice de Yuda Labs Nicole Muniz ne voit que des « déformations » liées à des « interprétations d’interprétations d’interprétations d’interprétations de faits. » Ce qui n’a pas empêché de les voir récemment reprises par le youtubeur Cauê Moura, à la tête de plus de 5 millions d’abonnés.

BAYC vs néo-nazi – Des similitudes troublantes

Car le véritable problème dans cette histoire est qu’un simple point commun malheureux devient vite plus suspect lorsqu’il entre dans une suite d’autres « interprétations » identiques. Et même si rien ne permet d’en affirmer le caractère volontairement lié à toute idéologie néo-nazie, les rapprochements douteux se succèdent. Comme dans le cas des pseudonymes utilisés sur Twitter par les acteurs importants du projet. L’un répondant au nom de « Gargamel », une caricature stéréotypée des juifs dans les rangs des groupuscules nazis. Ou encore « Emperor Tomato Ketchup », un court métrage japonais dans lequel un militaire abuse sexuellement d’une jeune Japonaise. Et enfin « Gordon Goner » amateur connu d’anagrammes, dont le nom peut signifier Drongo Negro (stupide nègre) selon l’ordre que l’on donne aux lettres.

Des hypothèses également étayées par certaines recherches effectuées par Ryder Ripps à propos de la personne cachée derrière le pseudonyme Gargamel. Ce dernier ayant « écrit sa thèse universitaire sur un livre de fiction nazie (2666, Roberto Bolaño) dont le personnage principal est un officier SS. » Une découverte qui ne constitue toujours pas une preuve, mais accentue néanmoins encore un peu plus le doute au sujet de ces rapprochements.

« Écrire sur les nazis ne fait pas de vous un nazi. Mais intégrer secrètement du contenu nazi dans un projet où les images primaires ont des nuances simiennes racistes, que des milliers d’autres voient, est problématique et contraire à l’éthique.« 

Ryder Ripps

Une situation très bien résumée en français sur le compte Twitter du nom de Goku. Et face à laquelle il est parfois difficile de séparer le fantasme de la réalité. Car il est important de le répéter, tout cela n’est qu’un ensemble d’éléments troublants (réels ou fantasmés) dont la somme permet de soulever un doute légitime. Mais selon les conclusions d’experts effectuées dans le cadre d’un article du site Input sur le sujet, les relations supposées avec des références nazies n’ont rien de tellement évidentes. Même si la collection des BAYC « n’est pas exempte de critiques » en raison du caractère jugé offensant de certains de ses personnages.

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