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Bitcoin – Une « arme financière chinoise » selon le cofondateur de PayPal

10 Avr 2021 - 15:00

Le Bitcoin n’est définitivement pas un outil monétaire comme les autres. En premier lieu car ce n’est pas une monnaie reconnue comme telle par les instances de régulation de notre monde. Mais surtout, car il oblige à se poser la question des limites et alternatives à ce modèle déterministe imposé et contrôle par les banques centrales. Une sorte de pavé dans la mare qui n’en a pas finit de faire des vagues. Et qui anime des débats houleux sur ce qu’il est et ce à quoi il pourrait servir. Et certains pensent qu’il serait au service de la Chine !

Personne ne contrôle de Bitcoin. Et comme à chaque fois qu’un chef n’est pas identifié au sein d’un groupe, les amateurs de centralisation s’affolent. Surtout lorsque ce dernier enregistre une capitalisation équivalente à certaines multinationales d’envergure. Cela avec plus de 1000 milliards de dollars et personne pour en tirer seul les bénéfices. Mais à qui peut bien profiter ce crime ?

Une question récurrente qui anime de nombreux débats depuis que le Bitcoin est devenu assez puissant pour être intéressant. Ce qui l’a fait passer de projet loufoque à vocation libertaire et/ou libertarienne au rang de caillou bien saillant dans la chaussure de luxe de la finance mondiale. Car non, impossible qu’une telle réussite ne soit l’oeuvre que d’une communauté sans leader.

La décentralisation du Bitcoin

Cette idée qui oblige toute structure à avoir un leader pour avancer et réussir n’est clairement pas en accord avec les principes du Bitcoin. Pourtant, même au sein de cette communauté des gens continuent à en chercher le fondateur. Ce fameux Satoshi Nakamoto aussi visionnaire sur le concept de sa monnaie numérique qu’à propos de cette tendance au panurgisme. Raison très probable de sa volonté d’anonymat qui participe pleinement à faire du BTC ce qu’il est aujourd’hui.

Car notre modèle de fonctionnement actuel nécessite que chaque prise de pouvoir soit le fait d’un individu qui souhaite en bénéficier et en jouir. Ce qui n’est clairement pas le cas au sein de la cryptosphère. Cette dernière exigeant au contraire que les fondateurs d’un projet s’effacent le plus rapidement possible au profit d’une communauté qui en « prend le contrôle. » Ou qui plus exactement le leur retire.


SEC vs DeFi – Comment imposer une régulation sur un système décentralisé ?

Un principe de décentralisation qui permet d’échapper aux poursuites actuelles auxquelles doit faire face la société Ripple et son XRP jugé bien trop centralisé. Mais qui soulève des questions quant à un possible détournement. Le tout orchestré par une entité assez puissante pour en détourner les fondamentaux. Bienvenue dans la guerre numérique et froide version Chine communiste.

Le Bitcoin est une « arme chinoise »

Une équation aussi courte que caricaturale qui vient d’être émise par Peter Thiel, milliardaire et cofondateur de la société PayPal. Cela lors d’une table ronde virtuelle organisée par la Fondation Richard Nixon. Un événement qui lui a permis de faire part de ses craintes sur le sujet auprès de l’ancien secrétaire d’État américain Mike Pompeo. Comme si la mauvaise presse à propos du Bitcoin avait encore besoin d’une nouvelle couche de mystification.

« Même si je suis une personne maximaliste pro-crypto, pro-bitcoin, je me demande si, à ce stade, le bitcoin devrait également être considéré en partie comme une arme financière chinoise contre les États-Unis … il menace la monnaie fiduciaire, mais c’est surtout une menace pour le dollar. » – Peter Thiel

Car Peter Thiel est un amateur de cryptomonnaies de longue date. Il a même activement participé au développement d’Ethereum. Cela en versant une bourse de 100 000 dollars à Vitalik Buterin en 2014 pour l’aider dans la réalisation de son projet. Ce qui fait de cette prise de position l’effet d’une bombe au sein de la cryptosphère. Cela sur le sujet de la prise de contrôle éventuelle du Bitcoin par la Chine pour fragiliser le dollar. Mais également sur la place du BTC au sein de cette guerre monétaire en cours.

Mais en fait l’euro également…

Il est vrai qu’une grande partie de la puissance de hachage du Bitcoin se trouve sur le territoire chinois. Tout comme il est impossible de nier que ce dernier prend une ampleur qui en fait un actif international impossible à ignorer. Mais pointer ces deux données ne permet pas de rendre la soupe de Peter Thiel plus digeste. 

Car ce dernier ne s’arrête pas là. Et son intervention se poursuit en indiquant que l’euro serait également un outil de la Chine pour tenter de nuire à la puissance du dollar. Cela du fait que l’utilisation de son yuan numérique – qualifié de « dispositif de mesure totalitaire » – comme monnaie de réserve dépasse le cadre de ce qu’elle est prête à fournir en termes de transparence et d’exigences internationales. Mais que sa volonté de détruire la première monnaie mondiale ne s’en trouve pas moins forte pour autant.


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« Du point de vue de la Chine, ils n’aiment pas que les États-Unis aient cette monnaie de réserve parce que cela nous donne beaucoup d’influence […]. Ils ne veulent pas que le Renminbi devienne une monnaie de réserve parce qu’il faut alors ouvrir son compte de capital et faire toutes sortes de choses qu’ils ne veulent vraiment pas faire. Je pense que l’euro est en partie une arme chinoise contre le dollar. » – Peter Thiel

Qui est le véritable ennemi du dollar ?

En conclusion, tout ce qui remet en question la puissance actuelle du dollar est téléguidé en sous-main par la Chine. Un complot auquel participent également Facebook et Google du fait de leurs liens jugés trop complaisants avec ce pays. Ou comment faire de sa parano d’un autre temps le terreau de théories aussi alambiquées que discutables.


Le Bitcoin est l’actif le plus rentable de la dernière décennie

Il y a cependant un point qui n’est pas abordé dans cette « démonstration » de Peter Thiel. Et qui pour le coup remet le Bitcoin au centre de cette mise en danger supposée de l’hégémonie du dollar. Mais cette fois plus comme une alternative concrète que comme une arme financière chinoise. Hypothèse qui pourrait laisser penser que le pire ennemi du dollar n’est autre que sa gestion catastrophique mise en place par la Réserve fédérale (Fed) américaine. Ce qui ne va certainement pas permettre de clore ce débat…

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