Banque de France : premier test réussi pour une monnaie numérique

 Banque de France : premier test réussi pour une monnaie numérique

La Banque de France (BdF) vient d’annoncer le succès de son premier test relatif à l’utilisation d’une monnaie numérique pour les règlements interbancaires.

Une blockchain opérationnelle

Après avoir lancé un appel d’offre au mois de mars pour l’expérimentation d’une CBDC (Central Bank Digital Currency), monnaie souveraine sous forme de cash numérique, la BdF vient d’annoncer un premier test réussi. Un test qui ne concerne pour le moment qu’une CBDC dite de gros, destinée aux transactions entre acteurs institutionnels, plus aisée à mettre en oeuvre qu’une monnaie numérique grand public, dite CBDC de détail.

Au coeur du dispositif de la numérisation d’une monnaie fiduciaire, la question du support technologique est bien sûr une question cruciale. Question longuement débattue et pas encore tranchée entre experts du monde entier dont un certain nombre s’avère peu enclin à adopter la blockchain comme modèle opérationnel. Lors d’une conférence à Kiev, en février dernier, réunissant différentes banques centrales, le scepticisme quant à créer une monnaie numérique à partir d’une DLT (Distributed Ledger Technology) a semblé gagner du terrain. La conclusion elle-même paraissant sans appel.

« vous n’avez pas besoin d’un DLT pour faire une monnaie numérique de banque centrale. »

Or, dans ce premier test de la BdF, il ressort que le recours à une blockchain a bien fonctionné.

Premier test d’une longue série

Une blockchain dont on ignore les détails hormis le fait qu’elle a été développée en interne afin, selon le communiqué, de régler une émission de titres financiers numériques effectuée par la Société Générale Forge. Startup qui porte les projets du groupe bancaire liés à la blockchain, et qui s’est déjà distinguée en permettant l’émission de 100 millions d’euros sous forme de security tokens (jetons numériques) sur la blockchain publique Ethereum.

Ce premier test n’est pas une fin en soi puisque d’autres expérimentations devraient avoir lieu dans les semaines qui viennent. L’appel d’offre ayant recueilli un nombre conséquent de candidatures dont, selon les dernières informations, celles d’acteurs de premier plan de l’industrie crypto française. Ledger, ConsenSysFrance (Ethereum), LabosNomades (Tezos), l’Adan et PWCFrance figureraient notamment dans les équipes retenues.

Les résultats de ces diverses explorations sont censées venir enrichir la contribution de la Banque de France « à la réflexion plus globale conduite par l’Eurosystème sur l’intérêt d’une MDBC (Monnaie Digitale de Banque Centrale) ». François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la BdF s’était réjoui à l’époque de la position avant-gardiste de la France mais il avait parlé un peu vite, ignorant vraisemblablement les avancées d’autres banques centrales européennes. Notamment celle de la banque centrale des Pays-Bas qui, après avoir joué la carte de la discrétion, a fait une entrée quelque peu tonitruante en se disant prête à devenir la terre d’élection d’un euro numérique dans sa phase expérimentale.

Nathalie E.

Nathalie E.

Littéraire open source. Mon credo : contribuer à populariser le monde des cryptos et à encourager sa mixité.

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