Cryptomonnaies

Le géant MoneyGram adopte le stablecoin USDC pour ses transferts internationaux

07 Oct 2021 - 09:20

Cette actualité est à accompagner d’un avertissement strict pour épargner la sensibilité (susceptibilité ?) des instances de régulation. Car elle pourrait bien donner des crises cardiaques à ces farouches amateurs de contrôle monétaire d’un autre temps. En effet, le géant américain du transfert de fonds MoneyGram annonce contre toute autorisation légale son rapprochement avec le stablecoin USDC. Une décision symbolique et très opportune qui peut néanmoins être qualifiée de courageuse. Car c’est encerclé de toutes parts par la SEC que ce nouveau service doit prochainement voir le jour…

Le combat qui oppose depuis des années l’univers des cryptomonnaies aux instances de régulation est en train de prendre un tournant décisif. Car l’innovation monétaire qu’elles représentent ne peut plus être ignorée par les grandes entreprises de ce monde. Au point de les voir adopter successivement ces moyens de paiement numériques aux multiples avantages. Cela contre la volonté d’une Security and Exchange Commission (SEC) toujours en train de tenter d’en contenir le débordement. Mais sans se rendre compte qu’elle lutte avec une petite cuillère contre un flot d’adoption qui submerge les marchés traditionnels.

Un véritable basculement en cours, avec en tête de ce mouvement les très polémiques stablecoins. Ces cryptomonnaies stables censées ne pas être – légalement parlant – des monnaies ni même des devises. Mais qui entrent pourtant en concurrence directe avec des monnaies FIAT. Ces outils de contrôle dont le rôle principal est de déterminer et verrouiller une zone géographique. Car chaque passage de frontière les expose au règlement de frais que même le réseau Ethereum trouverait obscènes. Une réalité qui n’a pas échappé à la société américaine de transfert de fonds MoneyGram qui annonce se tourner vers l’USDC.

MoneyGram adopte le stablecoin USDC

Le géant du transfert de fonds américain MoneyGram n’en est pas à son coup d’essai en matière de cryptomonnaies. Son premier rapprochement dans le domaine date de 2019, lorsqu’il avait décidé de s’associer au projet Ripple et son XRP. Un partenariat qui avait tourné court suite aux attaques de la SEC (encore elle) contre ce dernier. Une procédure entamée à la fin de l’année dernière avec comme leitmotiv cette éternelle question des titres financiers non enregistrés. Et qui se poursuit toujours actuellement malgré les fake news indiquant le contraire.

Mais il en fallait visiblement plus pour décourager MoneyGram. Car l’entreprise a annoncé en mai dernier sa volonté de permettre l’achat de Bitcoin dans ses guichets physiques. Une affirmation claire de sa volonté de rester en étroite relation avec l’univers des cryptomonnaies. Ce que confirme sans aucun doute cette nouvelle actualité qui officialise la mise en place d’une utilisation du stablecoin USDC. Cela afin de « rationaliser les paiements transfrontaliers ». Est-il nécessaire de préciser que cette activité est la raison même d’exister de cette entreprise ?

« Alors que les cryptomonnaies gagnent en importance, nous sommes particulièrement optimistes quant au potentiel des stablecoins en tant que méthode de rationalisation des paiements transfrontaliers. Compte tenu de notre expertise dans les paiements mondiaux, la blockchain et la conformité, nous sommes extrêmement bien placés pour continuer à être le leader dans la construction de ponts pour connecter les monnaies numériques aux monnaies fiduciaires locales. » – Alex Holmes, PDG de MoneyGram

Un partenariat avec le réseau Stellar

Et comme le stablecoin USDC est multi-chain, MoneyGram n’avait que l’embarras du choix pour s’associer à un réseau capable d’en supporter le transfert. Ce qui ne l’a visiblement pas amené bien loin. Car sa sélection s’est visiblement arrêtée sur la copie cryptologiquement correcte de son ex-associé Ripple qu’est le projet Stellar (XLM). Avec comme objectif de permettre aux portefeuilles connectés à ce dernier d’accéder à sa plateforme de transferts internationaux. Cela sous la forme d’une option de conversion « vers et hors USDC ». Et sans cacher l’espoir de voir « un nouveau segment d’utilisateurs » accéder à des services en relation aux cryptomonnaies « auparavant hors de portée ».

« Chez MoneyGram, l’une de nos principales priorités stratégiques est d’être le pionnier de l’innovation en matière de paiement transfrontalier et de règlement par blockchain. Et nous sommes ravis de travailler maintenant avec la Stellar Development Foundation pour poursuivre nos efforts. » – Alex Holmes , PDG de MoneyGram

Une décision motivée par la capacité de transferts internationaux sans frais de douane qu’offre l’USDC. Mais qui intervient en plein cœur d’une enquête ouverte par la SEC à son encontre. Avec comme principale raison invoquée un adossement au dollar pas forcément aussi clair que cela avait été annoncé. Une vaste blague, si l’on transpose cette question au monopoly-dollar. Et dont la véritable motivation se trouve certainement plus du côté de ces nouvelles solutions d’épargne en relation à des stablecoins. Le tout avec des rendements qu’aucune banque traditionnelle ne peut permettre d’obtenir. Et au final la question de savoir si cette offre de MoneyGram pourra réellement voir le jour dans ce contexte actuel…

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