NFT vs artistes – Entre spéculation et droits d’auteurs

Le marché des NFTs s’est véritablement révélé au grand jour au cours des deux dernières années. Avec une apparition explosive très rapidement qualifiée de bulle spéculative par ses détracteurs. Mais des fonctionnalités associées à une approche Web3 qui permettaient aux artistes et créateurs de profiter de la hype de leurs collections. Un modèle définitivement différent du monde de l’art traditionnel, reposant sur des redevances appliquées au marché secondaire. Mais de toute évidence, cette fonctionnalité ne convient pas aux spéculateurs…

23 décembre 2022 - 10:30

Temps de lecture : 3 minutes

Par Hugh B.

La gestion actuelle des droits d’auteurs dans le secteur des NFTs prouve à l’ensemble de l’écosystème crypto qu’il s’agissait peut-être bien d’une simple bulle spéculative. En effet, depuis quelques mois une tempête plutôt silencieuse secoue le marché de ces jetons non fongibles. Avec comme seule ambition de priver les artistes et autres créateurs de la possibilité de percevoir des redevances sur les marchés secondaires.

Une dynamique initiée en août dernier par l’un des énièmes vampires du leader Opensea, la plateforme x2y2. Avec la mise en place de « redevances flexibles » permettant aux acheteurs de ne pas régler les droits d’auteur programmés par les créateurs des collections concernées. Une option intéressante pour les amateurs de spéculation aveugle. Un simple vol organisé pour ceux qui envisagent l’avenir de ce secteur avec, et non pas contre, les artistes numériques qui en portent le développement.

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NFT vs droits d’auteurs

Malheureusement, la tendance actuelle dans le secteur des cryptomonnaies semble se diriger vers le pire, en partant pourtant du meilleur. Avec un abandon de plus en plus systématique du principe de décentralisation inscrit au centre de cet écosystème. Et dans le secteur des NFTs, une remise en question des redevances appliquées par les artistes qui tend à se généraliser. Alors même que, comme l’explique Jacob Horne, co-fondateur de la plateforme NFT Zora, il s’agit de « l’une des caractéristiques les plus convaincantes » de cette économie numérique.

Un sujet abordé par ce dernier lors d’une interview donnée au média Decrypt. Et au cours de laquelle il ne manque pas de rappeler « sa sympathie aux côtés des artistes » dans un dossier qui divise de plus en plus ce tout jeune écosystème. Car la tendance actuelle qui tend à rendre les redevances des artistes « optionnelles » – dans le meilleur des cas – revient dans les faits à les annuler purement et simplement… En partie car les collectionneurs (investisseurs ?) ne jouent pas le jeu.

« Le fait que la première vague NFT vantait les redevances est une caractéristique si forte. Et cela a fonctionné pendant un certain temps, mais cela nous a conduits à ce moment où la fonctionnalité réelle de ces redevances est remise en question dans la pratique. Et nous devons redéfinir à quoi ressemble la propriété des artistes dans ce contexte ? »

Jacob Horne

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NFT – Repenser la gestion des droits d’auteur

Il n’est pas très bien vu de critiquer la spéculation dans le secteur des cryptomonnaies. Pourtant c’est bien ce principe qui est en train de sacrifier les artistes du secteur des NFTs sur l’hôtel d’un profit trop immédiat. Mais pas de mauvaise conscience à avoir, car ce n’est finalement qu’un nivellement pas le bas qui va aligner cet espace de la créativité numérique sur les pires principes mis en place par le monde de l’art traditionnel. Avec des artistes qui resteront pauvres, même une fois le succès atteint, pendant que leurs « collectionneurs » continueront de s’enrichir.

Ce qui ne revient pas à dire qu’il est impossible de gagner de l’argent en achetant des œuvres d’art, lorsque toutes les parties sont d’accord. Mais dans ce cas sans rendre les revenus des artistes à l’origine de ces profits « optionnels ». Et cela même si, comme l’explique Jacob Horne, des redevances allant de 5% à 20% peuvent avoir « un impact énorme sur la façon dont les traders spéculatifs envisagent ce principe ». Car la règle est simple : sans artistes il n’y a pas d’art. Mais sans spéculateurs, l’art existera toujours…

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« Je pense que la situation dans laquelle nous sommes à l’heure actuelle nécessite de se demander comment il serait possible de définir de nouveaux modèles de redevances qui ne reposent pas sur le commerce secondaire, mais commencent en fait à permettre aux artistes de conserver eux-mêmes la propriété de la collection« 

Jacob Horne

Et comme les acheteurs de NFTs ne veulent apparemment plus payer de redevances, les artistes vont devoir trouver de nouvelles sources de revenus. Avec par exemple, comme le suggère Jacob Horne, la rétention d’un pourcentage de la quantité émise au moment du lancement d’une nouvelle collection. Cela afin de s’assurer des gains proportionnels au succès rencontré. Car il ne sera pas possible de construire un Web3 sans prendre en compte tous les acteurs de cette nouvelle tendance censée reposer sur une construction communautaire et décentralisée…

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