Concurrence accrue sur l’offre institutionnelle Bitcoin

 Concurrence accrue sur l’offre institutionnelle Bitcoin

Alors que le marché des cryptomonnaies connaît la troisième correction majeure de son cycle haussier actuel, l’intérêt des institutionnels pour cette classe d’actifs ne faiblit pas. La compétition s’accroît même entre les différents acteurs désireux de se positionner sur un secteur en pleine croissance. L’approbation d’un ETF Bitcoin par le régulateur américain représentant le graal, de nouveaux géants de Wall Street entrent dans la danse comme le pionnier Fidelity et de façon plus indirecte, la banque d’affaires Goldman Sachs qui, par opportunisme plus que par conviction, a repris goût au Bitcoin.

NYDIG pratique une politique de prix agressive pour contrer Grayscale

C’était prévu. Depuis que Grayscale ne règne plus en maître absolu sur le marché de la crypto institutionnelle, l’étau se resserre autour du pionnier pour capter un public d’investisseurs qualifiés qui semble trépigner aux portes de l’industrie.

Ainsi, sans autre forme de procès, l’un des fonds pressenti par la banque Morgan Stanley pour proposer son produit BTC à ses clients fortunés a décidé de frapper un coup décisif. NYDIG vient en effet d’annoncer par un communiqué une réduction de ses frais qui prend effet immédiatement. Une baisse de 0.30% qui peut paraître dérisoire mais qui n’est pas négligeable quand il s’agit d’investissement affichant plusieurs zéros après la virgule. Surtout, ce taux vient directement concurrencer les 2% de frais de gestion Grayscale même si le grand rival n’est pas nommément cité.

La nouvelle structure de prix de NYDIG est de 50 à 75% inférieure à celle des produits d’accès bitcoin passifs comparables disponibles pour les investisseurs. et, de manière critique, 0,30% représente le véritable ratio des dépenses totales du fonds, y compris un audit Big-4 et des frais juridiques, de garde et de comptabilité. »

C’est la troisième réduction de frais en un an pour le fournisseur de solutions d’investissement et de technologie Bitcoin aux assureurs, aux banques, aux entreprises et aux institutions. Il compte d’ailleurs poursuivre dans cette voie et en annonce des prochaines dont pourront aussi profiter les clients de Morgan Stanley.

Deux nouveaux candidats à un ETF Bitcoin : Fidelity

La position dominante du produit Bitcoin Trust (GBTC) de Grayscale qui, selon son PDG Michael Sonnenshein, ne compte pas baisser ses frais annuels, n’est pas seulement menacée par une kyrielle de produits de fonds Bitcoin qui fleurissent à un rythme soutenu mais aussi par l’introduction d’un ETF Bitcoin dont l’approbation sur le territoire US semble de plus en plus probable. Les problèmes de volatilité et de manipulation des prix considérés comme rédhibitoires par le régulateur américain semblent progressivement s’effacer face à un marché qui a acquis de la maturité.

Dans ce registre très convoité, deux nouveaux gros clients font la une. Goldman Sachs et Fidelity. Ce dernier, pionnier parmi les géants de Wall Street pour son intérêt manifesté précocement pour Bitcoin grâce à la conviction bien ancrée de sa dirigeante Abigail Johnson qui a très vite perçu le potentiel de cette classe d’actifs, a ouvert la voie à l’intégration des cryptomonnaies dans des stratégies d’envergure sur le front institutionnel.

Par l’intermédiaire de sa filiale Fidelity Digital Asset Services, le gestionnaire d’actifs vient de procéder à un dépôt auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) des Etats-Unis pour solliciter l’approbation d’un ETF Bitcoin. Baptisé « Wise Origin Bitcoin Trust », l’ETF bénéficiera de l’apport des outils-maison, notamment en suivant les performances quotidienne du BTC à l’aide du Fidelity Bitcoin index. Les investisseurs pourront y accéder via un compte de courtage conventionnel sans « les barrières potentielles à l’entrée ou les risques lié à la détention ou au transfert de Bitcoin », ce qui est, rappelons-le, la caractéristique première de ce type de produit.

Et Goldman Sachs

Un autre grand acteur, Goldman Sachs, qui vient de relancer son service de négociation de dérivés crypto qu’il avait provisoirement activé il y a trois ans, s’est aussi positionné sur ce terrain-là, mais de façon plus prudente.

En effet, la banque d’affaires a fait une demande d’ETF auprès de la SEC par l’intermédiaire d’un fonds géré activement par ARK Investment Management. La stratégie de l’ETF Ark consiste à s’exposer à des entreprises qui capitalisent sur l’innovation disruptive selon les termes convenus. Par ce biais, une exposition indirecte à Bitcoin est hautement probable et impliquerait donc un peu plus la banque dans son revirement pro-crypto, elle qui, il n’y a pas si longtemps, déconseillait encore fermement à ses clients d’y investir le moindre kopek.

Si la concurrence fait rage entre les institutionnels pour se positionner avantageusement sur le marché des cryptos, c’est bien sûr parce que la croissance du secteur paraît très prometteuse. Mais cette institutionnalisation applaudie par beaucoup, s’accompagne de son revers. C’est dorénavant elle qui drive les soubresauts du marché. Ainsi, la correction que nous connaissons à l’heure actuelle avec un BTC oscillant autour de 52 000 $, après un ATH à 61 711,87 $ il y a 11 jours, pourrait s’accélérer dans les 24 heures avec l’échéance trimestrielle des contrats à terme et l’expiration des options Bitcoin. Une pression baissière qui pourrait aller nous faire visiter des plus bas et donner des palpitations même aux plus aguerris.

Nathalie E.

Nathalie E.

Littéraire open source. Mon credo : contribuer à populariser le monde des cryptos et à encourager sa mixité.

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