La DeFi est une « idée révolutionnaire » selon le régulateur des bourses américaines

16 octobre 2020 - 10:03

Temps de lecture : 4 minutes

Par Hugh B.

L’univers de la cryptomonnaies se trouve réellement à un tournant de son adoption. Une réalité qui oscille entre rejet des instances de régulation et déclaration d’amour de ses dirigeants. Au point de ne plus savoir si l’on doit en anticiper l’interdiction ou l’intégration dans la finance traditionnelle. Un fait que viennent étayer les récents propos du président de la CFTC, le gendarme boursier américain. 

Les pays s’organisent autour de la prise en charge plus ou moins effective du « problème cryptomonnaie. » Une réalité qui a enregistré une accélération proportionnelle à la puissance grandissante des stablecoins, principaux rivaux économiques des monnaies de Banques centrales. Que ces dernières soient numériques (CBDC) ou pas encore. Tout cela en parallèle d’une régulation accrue des instances de contrôle, en particulier sur le territoire des États-Unis.

Un mouvement enclenché par le développement d’un Libra de Facebook qui n’accepte toujours pas de s’avouer vaincu, malgré les embuches placées volontairement sur son parcours. Tout cela dessinant un nouveau marché monétaire en pleine mutation, qui n’est plus (autant) sous le contrôle des gouvernements. Que cela leur plaise ou non.


Union européenne et stablecoins

Une réalité au sein de laquelle certains dirigeants haut placés décident de se positionner. Cela sous la forme d’une sorte de coming-out numérique. Car avouer son intérêt positif pour les cryptomonnaies revient à se positionner dans le camp de l’ennemi aux yeux de notre société vieillissante. Alors qu’il s’agit bien plus probablement d’être dans le camp de l’avenir !

Les cryptomonnaies ont leurs supporters

Ce genre de prise de position laisse toujours perplexe. En particulier dans le cadre actuel qui cherche plus à invisibiliser les cryptomonnaies qu’à les considérer pour ce qu’elle sont : une révolution monétaire en marche. Mais au sein de cette négation officielle généralisée, certaines voix s’élèvent pour affirmer leur intérêt pour ces solutions de monnaies numériques privées.

Le dernier soutien en date est des plus inattendus. Il concerne en effet le plus haut responsable de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC). Un organisme de surveillance et de contrôle des marchés boursiers situé aux États-Unis. Une structure qui a récemment fait parler d’elle dans le milieu des cryptomonnaies avec la procédure engagée contre la plateforme BitMEX. Une décision qui a vu les investisseurs s’enfuir avec leurs fonds à hauteur de plus de 45 000 BTC en moins de 48h


Le Bitcoin n'est pas le problème mais la solution

Tout cela s’est déroulé lors d’une interview donnée ce mercredi au média CoinDesk par Heath Tarbert, président actuel de la CFTC. Le sujet était : « Invertir : l’économie Ethereum. » Et le représentant en chef des bourses américaines s’est montré très informé sur le sujet de la blockchain et de la Money Lego.

Le n°1 de la CFTC « impressionné par Ethereum »

En effet, Heath Tarbert n’a pas cessé d’exprimer son grand intérêt pour le réseau Ethereum (ETH) et les possibilités qu’il offre. Cela sur fond d’un questionnement sur la manière dont il pourrait s’intégrer dans l’environnement législatif américain. En particulier sur la question sensible des « valeurs mobilières » que peuvent représenter les cryptomonnaies. Mais son questionnement va plus loin.

« Si nous réfléchissons au fait qu’une grande partie de notre système financier mondial se retrouve sur Ethereum, alors nous avons de réelles préoccupations au sujet de la théorie. Et si Ethereum tombait en panne ? »  – Heath Tarbert

Une question qui a du sens, en particulier lorsque l’on considère la situation actuelle très tendue du réseau Ethereum. Une expérimentation en cours qui trouve des 

Le dirigeant actuel de la CFTC est connu pour ses positions plutôt favorables en relation à l’univers des cryptomonnaies. Depuis sa mise en place en 2019, les premiers contrats dérivés basés sur Ethereum sont entrés aux États-Unis. Et sa vision de la DeFi est très enthousiaste.

L’idée de la DeFi est « révolutionnaire »

Et lorsque la question de la Finance Décentralisée a été abordée, Heath Tarbert a fait part de son très grand intérêt sur le sujet. Cela malgré la complexité effective des projets qui peuplent cet univers. Ce qui  représente de son point de vue un véritable enjeu en terme de régulation. Car tout ce qui s’y créé actuellement est totalement nouveau ne correspond à rien de connu. 

« Toute l’idée de la DeFi est vraiment révolutionnaire. Et je pense que cela pourrait conduire à une désintermédiation massive du système financier et des acteurs traditionnels. (…) Cela pourrait même potentiellement réduire le risque systémique à certains égards parce que nous n’avons pas le système financier concentré dans ces grandes institutions d’importance à l’échelle mondiale. »  – Heath Tarbert


La décentralisation jeu de cache-cache avec la SEC

Une révolution que Heath Tarbert s’empresse de mesurer. Cela en précisant que les répercussions de la DeFi sur l’économie traditionnelle pourraient n’intervenir que dans des décennies. Mais le potentiel est là, et sur ce sujet il est en accord avec la communauté des cryptomonnaies dans son ensemble.

La véritable question reste de savoir comment les actifs émis par les structures de la DeFi seront traités d’un point de vu légal. Une question qu’il explique ne pas être de son ressort. Cela étant le travail de la Security and Exchange Commission (SEC). Une structure qui n’a pas une très bonne réputation dans la cryptosphère. Et une réponse qui pourrait se trouver dans son principe de décentralisation.

« Plus il (Ethereum, ndlr) devient décentralisé au fil du temps et plus il s’exécute lui-même efficacement, plus il est probable qu’il appartienne à la catégorie des produits de base et non aux titres. »  – Heath Tarbert

Lorsque l’exemple de l’airdrop de jetons UNI de la plateforme Uniswap a été abordé sa réponse a été très intéressante. Ce dernier indiquant que si les gens n’ont pas payé pour en posséder il est difficile de considérer qu’il puisse y avoir une perte économique. Mais Heath Tarbert précise une nouvelle fois que cela est une question à laquelle doit répondre la SEC.

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